Caro Caron poursuit la conversation en me dévoilant qu’elle est née en 1971 en plein milieu de la tempête de neige du siècle. Devrais-je y voir un élément précurseur ? De sa famille vivant à Saint-Hubert, elle m’a fait le parallèle suivant : comme une famille Simpson québécoise avec cinq enfants. Décidément, nous ne sommes pas dans le conformisme…
Collégial incomplet au CEGEP du Vieux-Montréal (une véritable pépinière en arts), elle m’avouera que la piqûre BD lui vient probablement de ses lectures de la revue mythique MAINMISE pour les bandes dessinées audacieuses de Crumb et d’un certain Gotlib d’outre-mer, sans oublier une multitude d’autres créateurs de la planète BD qui l’ont stimulé par la suite, au hasard de ses découvertes.
On devinera aisément qu’elle préconise les illustrations punchées, accrocheuses et décapantes, ajoutant que certaines images ont parfois le pouvoir de changer nos perceptions de la vie. Citant Antonin Artaud, « Notre époque a besoin de violence », elle en retient que certains chocs peuvent contribuer à changer nos certitudes trop bien ancrées.
Après de nombreuses participations à la Grande Fresque de Nuit sur l’avenue du Mont-Royal, elle a véritablement dégusté son rôle de conseillère dans l’élaboration de l’édition 2007 dédiée à la bande dessinée. Elle ajoute même que les artistes devraient s’approprier davantage l’événement et mettre de côté leur indépendance…naturelle.
Caro se représente Nuit Blanche sur Tableau Noir comme une page blanche d’expression qui, outre la rémunération correcte et le contact chaleureux avec le public, représente également des à-côtés intéressants, notamment l’aspect ludique et le contact avec ses pairs qui lui plaisent énormément.
Vers la fin de l’entretien, Caro Caron me confie qu’elle voue depuis toujours un véritable culte au musicien et chanteur Tom Waits, ce qui a fait ronronner de plaisir le chroniqueur. Un clin d’œil au peintre français Jean Dubuffet, un autre adressé à Nicki de St-Phalle qui, outre ses toiles, fait des miracles avec le papier mâché. L’art brut l’inspire aussi et elle termine avec un coup de chapeau amical à Valium.
Texte : Michel Danis








