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L’oeil spirituel de Gilles Sauvé artiste peintre

Gilles Sauvé évoqua à plusieurs reprises ce film et surtout ce personnage avec lequel il se reconnaît tant de similitudes lors de notre rencontre. L’acte de la peinture demande une implication émotionnelle intense et grave qui se nourrit de l’expérience de la vie, de sa propre vie. Le parcours de Gilles jusqu’à la peinture a été un véritable cheminement artistique.

L’éveil spirituel sur toile à 28 ans

La vocation pour l’art ou plus particulièrement pour la peinture ne se découvre pas forcément un jour en se levant le matin ou lorsque l’on est enfant et que l’on rêve de ce qu’on sera plus grand. Non ! Pour Gilles ce fût une rencontre ou plutôt un "éveil spirituel" à l’âge de 28 ans. Alors qu’il n’avait jamais tracé au crayon un croquis ou travaillé un tant soit peu un dessin, il se retrouve à l’orée de ses trente ans en formation en Art Visuel à Montréal.

Dès lors, c’est l’explosion ! Un vide s’est rempli évoque-t-il, et s’en est suivi une espèce de boulimie artistique qui l’a vu fréquenter chaque semaine toutes les expositions artistiques de Montréal devenant presque meilleur conseil aux autres étudiants que les professeurs eux-mêmes. Laisser la peinture nous envahir, s’habiller de la toile, aimer la vie en passant par la peinture est ensuite le résultat de cette rencontre avec la peinture qui deviendra ensuite une passion indéniable, voire le pivot de sa vie.

Un peintre avec une conscience collective…

Le plateau pour Gilles est la colonne vertébrale artistique de Montréal. Il aime le dynamisme artistique qui y est représenté. Il souhaiterait que les initiatives artistiques se multiplient à Montréal et voudrait même être responsable d‘évènements lors desquels il pourrait assister des jeunes artistes. Il est comme ça Gilles, à l’insouciance et à la spontanéité des plus jeunes peintres, il apporte une part de pragmatisme et une conscience collective même dans l’acte de la création.

Il est de ces peintres qui au travers des couleurs et des figures sur la toile s’ouvrent plus vers les gens que ne cherche réellement à être le centre de l’attention. D’ailleurs pour lui, la présence du public lors de NBTN est la chose la plus importante dans sa création, car le public participe toujours. La peinture sur le bitume cherchera à converger les regards afin qu’en plus des couleurs, des formes, des éléments abstraits et figuratifs, le public devienne aussi une part entière de l’œuvre : "les dessins et les peintures des édifices en perspective partiront du centre de la fresque pour se diriger vers l’extérieur, vers les passants"

L’amour pour la vie passe par ma peinture et éclate ensuite aux regards des gens

Peindre la vie et la ville avec des couleurs et se laisser transporter par ses émotions pour achever ou non la peinture, car avec lui une peinture peut être inachevée…comme dans la vie en somme ! Il a l’honnêteté artistique qui dit que l’on n’atteint jamais réellement les limites de sa création sur les limites de la toile. "L’amour pour la vie passe par ma peinture, dit-il, et éclate ensuite aux regards des gens". Lorsque la matière et l’œuvre sont décrits comme étant la vie elle-même, sa création est imprévisible car la vie est imprévisible.

Lorsque je lui demande quel monument il aimerait peindre s’il avait le choix de le faire, il me parle alors de la "Old Mission brewery" la mission pour les itinérants sur Montréal. Une conscience collective, disais-je !

Gilles Sauvé en rafale

  • Film préféré : "Life Lessons" de Martin Scorsese
  • En musique : Aretha Franklin, Lise Savoie...
  • Une curiosité : Pigment poudreux pour… peindre !
  • Pourquoi ? : la poudre prend vie
  • Oublie toujours de ? : calculer mon budget
  • Et si tu n’étais pas peintre ? : je serai sculpteur…mais il y aurait un vide

Photo : Jean-François Leblanc