(Photo en tête d’article : © José Carlos Martinat, Stereo Reality Environments 3 : Brutalismo, 2007, installation interactive, collection du Tate Modern, gracieuseté de la Galeria Leme)
Grâce à l’esprit d’initiative du groupe Molior, une exposition réunissant des artistes prometteurs de la relève du Pérou et du Brésil s’est transportée jusqu’au centre d’artistes Oboro du Plateau Mont-Royal. Cet évènement d’envergure internationale est le fruit d’une collaboration étroite entre les trois commissaires Julie Bélisle, Kiki Mazzucchelli et Miguel Zegarra . Ensemble, ils ont compilé des listes d’œuvres et ont réussi à dégager des thématiques communes à plusieurs artistes des villes de Lima et de São Paulo, aujourd’hui centres bouillonnants de culture. Contrainte relate les préoccupations citoyennes du Brésil et du Pérou à travers le prisme révolutionnaire de plusieurs jeunes et talentueux créateurs en arts médiatiques.
La série des huit œuvres est présentée à la galerie Oboro qui se trouve dans un édifice de la rue Berri au cœur du Plateau Mont-Royal (4001, rue Berri, local 301). Ce sont les thèmes de surveillance, de contrôle, de brutalité, d’exclusion et de chaos qui sont explorés ici. « Il est important de souligner que les artistes participants ont abordé des sujets lourds et sombres avec plein d’espoir et d’humour, cette approche a défait le côté trop sérieux qu’aurait pu sinon prendre cette exposition », raconte Julie Bélisle la commissaire québécoise. Comme pour appuyer ses paroles, la visite des lieux commence généralement par le visionnement d’un petit film hilarant mettant en scène des arbustes verts coincés dans des milieux urbains et inhospitaliers. Plus loin, le regard est captivé par trois écrans plats ou défilent des vidéos du Grand Canyon, du pôle Sud et de Toyko ; cette trilogie invoque la surveillance accrue des espaces et le rétrécissement du monde grâce aux nouvelles technologies. « L’utilisation par Rodrigo Matheus de Google Earth crée un point de référence commun, puisque nous sommes tous familiers avec ce médium », confie Kiki Mazzucchelli, l’une des instigatrices de l’évènement en visite à Montréal. La commissaire brésilienne est ravie de son séjour et enchaine en racontant son impression sur Montréal : « C’est le sentiment de liberté que je ressens ici et le fait que vous pouvez utiliser vos rues qui sont très sécuritaires à la différence de São Paulo ». Une liberté souvent entravée dans le passé, au Brésil et au Pérou comme en témoigne derrière elle, la copie du redoutable édifice Pentagonito de Lima (ou les services secrets ont torturé des années durant de nombreux citoyens péruviens). La reproduction, de dimension humaine, crache méthodiquement des bouts de papier aux phrases qui évoquent la brutalité dans plusieurs langues. Sur le mur d’en face, des armes rappellent la popularité croissante des jeux vidéo violents, toutefois, en s’approchant plus près on se rend compte que ce sont simplement des pièces en carton trois dimensions d’une précision surprenante : « Les artistes de ces pays sont très habiles et maitrisent bien le côté technique qui leur permet de construire des chefs-d’œuvre d’ingéniosité avec des matières souvent recyclées, c’est le cas pour plusieurs pièces présentées ici », souligne avec enthousiasme Julie Bélisle.

- Parálisis
- Oeuvre de Gabriel Acevedo Velarde, (Paralysie), 2005, animation vidéo, gracieuseté de la Galeria Leme
Ne manquez surtout pas cet évènement unique qui sera présenté chez Oboro jusqu’au 12 décembre 2009 !
Texte et photos : Tatiana Philiptchenko









