Le Cinéma du Parc présente depuis le 2 octobre et pour un temps limité le film Bright Star . Dernier opus de la réalisatrice Jane Campion qui nous avait offert l’excellent The Piano en 1993.
Bright Star dévoile l’histoire d’amour tendre et déchirante entre le poète John Keats (Ben Wishaw) et sa muse Fanny Brawne (Abbie Cornish). Deux personnes provenant de milieux différents, habitées de passions différentes, mais qui se retrouvent malgré eux dans une liaison ardente et profonde. Le récit se campe dans l’Angleterre du début du 19e siècle. Vacillant entre la demeure de la famille de Fanny Brawne, qui en loue une partie au poète, et des paysages vaporeux et impressionnants.
Dès que les premières images du film surgissent, nous sommes frappés par la photographie de cette œuvre. Une lumière douce et débordante. Des couleurs et des cadrages qui rappellent les grandes peintures de l’époque. La première scène texturée et lumineuse de la muse en train de coudre installe confortablement le spectateur dans un beau récit qui le bercera jusqu’à la fin. De la scène des lilas à celle des papillons, les images restent oniriques.
« Est-ce cela l’amour ? Je n’en rirai plus jamais. C’est douloureux à en mourir ! », Fanny Brawne.
Le film traite de l’amour de façon simple, avec retenue et pudeur. On y croit, on se laisse porter par cette beauté et l’on se laisse troubler par les bouleversements que vivent les deux personnages. Film de passion et de déchirements. Car le récit nous transporte à travers une liaison tumultueuse, puissante et impossible. Il est vrai que parfois certaines longueurs s’imposent au téléspectateur. Mais elles sont portées par un visuel si riche qu’elles se laissent savourer.
Si la beauté se retrouve dans les images, la photographie et la réalisation, on la retrouve également dans les dialogues. Les échanges entre les deux personnages sont riches de poésie. Une poésie simple et accessible qui ajoute au charme et à l’atmosphère d’époque du récit. Une poésie que la réalisatrice Jane Campion a su mettre en valeur grâce à la virtuosité de ses images et de sa mise en scène.
Et il y a cela de merveilleux à ce film, c’est qu’il vous fait découvrir un poète incroyable. John Keats est maintenant considéré comme un des plus grands poètes de l’époque romantique. La magie de Bright Star tient également dans la facilité qu’il a de nous introduire à un art souvent hermétique ou méconnu. Peu de films peuvent se targuer de réussir à rendre la poésie si accessible et attirante. Ici, c’est réussi.
« Vous m’avez absorbé. J’ai l’impression que mon être se dissout. », John Keates.
Et si cette poésie et cette histoire de passion nous est si bien rendue, le crédit en revient beaucoup au jeu des comédiens. Ben Wishaw et Abbie Cornish jouent avec retenue et justesse. On croit en cet amour qu’ils interprètent de belle façon. Gravitent autour d’eux la famille de Fanny et l’entourage de John. Ces derniers sont portés à l’écran par une distribution solide et convaincante.
En s’abandonnant au récit de Bright Star, on se laisse porter par la beauté de l’amour, la passion et la poésie sur des images saisissantes d’une réalisatrice magistrale.
Le film est présenté au Cinéma du Parc en version originale anglaise, avec sous-titres français.
Texte : Jonathan Latreille-Chevalier








