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Cinéma - Surpêche : l’océan en voie d’épuisement

Ne mangez pas le dernier poisson !

Surpêche : l’océan en voie d’épuisement lance un cri d’alarme ! Une série d’images à la fois choquantes et esthétiques qui rythment le discours d’experts du monde entier. Le documentaire fouette !

Nous avons avalé 90 % des grands prédateurs de l’océan !

Le thon en boîte de minou, le saumon du vendredi soir, le plat de requin du restaurant raffiné... fini, point à la ligne ! Sinon, terminé les histoires de pêche d’ici 40 ans. Les fonds marins s’épuisent… Trop de machines performantes rivalisent avec peu de poissons.

Des géants contrôlent l’industrie. La compagnie Mitsubishi, entre autres, possède 60 % du thon pêché dans l’Atlantique et dans la Méditerranée. Le thon rouge rapporte beaucoup. Voilà pourquoi Mitsubishi en entasse des tonnes dans ses réserves. Ses dirigeants attendent impatiemment que l’un de nous mange le dernier de la lignée. Ils gonfleront alors les prix, et nous serviront le thon rouge congelé. Quand les stocks s’épuiseront, Mitsubishi recommencera avec une nouvelle espèce, jusqu’à extermination encore une fois.

Les moratoires, trop raisonnables pour préserver les espèces menacées, demeurent méprisés par bon nombre de pêcheurs. Le gouvernement chinois donne l’exemple en inventant des données ridicules pour se soustraire au respect des quotas. Même dans les pays plus consciencieux, la volonté politique bouge toujours difficilement. L’excuse des « emplois menacés » refait inévitablement surface, alors que, paradoxalement, ces emplois risquent de disparaître définitivement si rien ne change.

Pourtant, tout ne se joue pas seulement dans la cour des géants. Les consommateurs croient depuis longtemps au renouvellement constant des ressources de la mer. Évidemment, les données concernant l’éventuelle crise du monde marin s’avèrent récentes et peu connues. Elles arrivent également tard. Primordial, donc, de se documenter. Voilà pourquoi Greenpeace utilise le film de Rupert Murray pour sensibiliser les citoyens.

Selon Beth Hunter, coordonnatrice de « Campagne Océans » chez Greenpeace, qui présentait la première de Surpêche : l’océan en voie d’épuisement, la clé reste la connaissance. Lorsqu’une population commence à comprendre ce qui se passe, elle se réapproprie le pouvoir, et le changement s’enclenche. Une foule de moyens d’action permettent d’agir, dont une petite carte (distribuée à la sortie de la salle) où figure la liste des espèces pêchées de façon durable versus celles qui s’épuisent.

Une fois outillé, changer ne se résume pas à se priver : les sardines pour minou, le hareng le vendredi et l’espadon au restaurant chic.

Texte : Mireille Lévesque

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