Si vous aimez la publicité, c’est un incontournable.
Il est à cet art, ce que le Festival de Cannes est au cinéma, soit le plus prestigieux concours de publicité à l’échelle mondiale. Au mois de juin de chaque année se réunissent des milliers de personnes afin de voir les meilleures publicités de l’année et célébrer ses artisans. Un jury composé des créatifs issus des meilleures agences du monde décernent des Lions de bronze, d’argent et d’or aux petits bijoux qui ont été créés aux quatre coins de la planète.
En 2009, ce sont plus de 26 500 oeuvres d’art qui se sont retrouvées en compétition.
À chaque année, la compilation des meilleures publicités présentées aux Lions se retrouve sur plusieurs grands écrans pour le bonheur des amateurs ou des non-initiés qui voudraient se laisser surprendre. Car aimer le 7e art c’est aussi aimer la pub. Et c’est dans une salle de cinéma que cette dernière prend toute sa valeur.
Si la publicité que nous voyons au quotidien sur nos téléviseurs est plus souvent qu’autrement tout sauf de l’art ; les récipiendaires des Lions sont dans une classe à part.
Et pour s’en convaincre, il suffira de s’engouffrer confortablement dans une salle obscure du Cinéma du Parc entre le 13 et le 28 novembre.
La cuvée 2009 qui y sera présentée est un grand cru. À travers une heure et demie d’œuvres récompensées, le spectateur est invité à de belles découvertes.
Évidemment, ce sont souvent les mêmes compagnies qui se retrouvent chez les récipiendaires. Volks Wagen qui est un habitué de ces prix s’est vu remettre cette année le prix honorifique de l’annonceur de l’année. Et l’on comprend pourquoi lors de la projection.
D’autres perles se retrouvent sous la promotion de produits tels que le parfum Flora de Gucci. Un 30 secondes, réalisé par une boîte de pub de Milan, qui semble être un tableau animé de Gaugin. Au plan visuel, une autre grand bijou de la cuvée est la publicité du Spaceships Film Festival, réalisée par la même boîte de Madrid. Un visuel éclatant qui donne le souffle à un concept délirant dans son absurdité. Avec un slogan comme « Space would suck without the spaceships », le Festival ne pouvait que donner dans l’humour pour sa pub.
Comme c’est le cas quasi à chaque année, l’humour et plus particulièrement l’absurde sont très populaires chez les annonceurs et semblent être bien récompensé par les Lions. À ce titre les brasseurs de bières et les services d’employabilité comme Monster.ca nous offrent les meilleures trouvailles.
Dans un autre registre, les publicités porteuses de messages plus profonds et sociaux marquent également le spectateur. Parmi les meilleures, saluons les réalisations pour les causes de Amnistie, d’une campagne de désarmement de la Grande-Bretagne et de World Wide Life (WWF). Autant leurs causes sont cruciales, autant les concepts sont simples et percutants. Et saluons la plus décevante, soit Coca-Cola qui joue avec les sentiments en se prétendant humaniste et près des gens. Cherchons le lien avec leur produit.
Mais plus souvent qu’autrement, nous ne sommes pas déçus lors de la projection. Nous avons la chance d’assister à de vrais courts-métrages de quelques minutes (Stella Artois), à des scénarios qui donneraient de sublimes films (James Boag’s Daught) ou à de sexy 30 secondes (Axe et Levi’s). Ou mon grand coup de cœur personnel, l’œuvre du International Documentary Film Festival Amsterdam (IDFA), on l’écouterait en boucle.
En plus de ce divertissement varié, la projection nous permet de voyager grâce aux récipiendaires provenant de tous les continents. Mais aussi de faire en 100 minutes un rapide survol sociologique de plusieurs cultures. Car, par sa nature la pub vous renvoie en une demi-minute des valeurs, des besoins, des points sensibles de la société à laquelle elle s’adresse. Ce qui la rend triplement plus intéressante et enrichissante. Il est d’ailleurs intéressant lors de cette édition 2009 de voir comment Internet et les médias interactifs font sentir leur influence chez les créateurs.
La projection est en version originale internationale, soit avec sous-titres anglais.
Texte : Jonathan Latreille-Chevalier







