Du 15 septembre au 3 octobre 2009, Réverbère Théâtre présente sa toute première production dans la salle intime du Prospero. Pour cette occasion, la compagnie a l’audace de défricher un terrain vierge et monte pour la première fois outre-Atlantique l’auteur français Gilles Granouillet. Le texte choisi par la compagnie, La maman du petit soldat (2007), jamais porté à la scène, est présenté en première mondiale. Ce texte, percutant et troublant, musical et poétique, où l’écriture voyage admirablement entre fantasmes et réalité, nous fait vivre la guerre de l’intérieur.
Réverbère Théâtre est une jeune compagnie récemment fondée par Odette Guimond, Isabelle Leclerc et Danny Carbonneau, lesquels seront les interprètes de La maman du petit soldat. Odette Guimond qui a une longue expérience du théâtre, tant ici qu’à l’étranger, en assure la mise en scène. La scénographie et les costumes sont de Geneviève Lizotte (Mutantès, Oh les beaux jours) et de Elen Ewing.
Quand la guerre entre dans nos maisons… / L’histoire
Une guerre sans nom. Un blindé vient d’exploser. Un jeune soldat, chargé de faire un interrogatoire pénètre dans une maison. Il n’y a là qu’une mère et sa fille. « Where’s the papa ? » beugle-t-il à plusieurs reprises. Cette première mission du jeune soldat lui fait fantasmer la rencontre tant souhaitée avec sa mère et sa sœur. D’une phrase à l’autre, le spectateur est aspiré dans un vertigineux téléscopage du temps et de l’espace, dans une déstabilisante confusion entre l’imaginaire et le réel, le présent et le passé, l’ici et l’ailleurs. « Moi je ne dis pas que c’est un cauchemar. Moi je dis que c’est vrai. Je pense vraiment que mon frère et le cauchemar de mon frère sont une seule chose », dit la fille.
Mot de Gilles Granouillet
« J’ai écrit La maman du petit soldat en voulant « ramener la guerre à la maison. » Comment écrire pour qu’on ne puisse pas se dire : oui, c’est bien triste la guerre des autres, la guerre de là-bas, bien triste mais au fond, c’est bien loin tout ça… Cette pièce n’éclaire aucun conflit particulier, mais elle essaye de nous faire sentir les choses de l’intérieur. Elle s’appuie sur un trio « antique » : la mère, le fils aîné, la petite soeur, une chose simple, essentielle, la famille qui se vit de Bagdad à Montréal, et elle le retourne dans tous les sens l’espace d’une nuit. Il n’y a plus une mère d’ici et une mère de là-bas, une soeur d’ici… il y a une famille d’ici et de là-bas qui prend la peur en pleine figure, au même moment. Jusqu’ici, comme pour nous, la guerre passait à côté et puis ce soir elle est rentrée chez eux. Peut-elle rentrer chez moi ? Pour ma première pièce créée outre-Atlantique c’est un peu la question posée. »
Gilles Granouillet, notes biographiques
Né à Saint-Étienne, en France, en 1963, d’une modeste famille ouvrière, Gilles Granouillet fait plusieurs métiers qu’il ne renie pas : gardien de gare, motard, vendeur et instituteur. Il commence à s’adonner au théâtre en 1989. Il se consacre d’abord à la mise en scène (Diderot, Shepard, Segal, Michel-Marc Bouchard) tout en faisant de nombreux voyages en Orient. Rapidement, en 1992, il se tourne vers l’écriture. Depuis, il a écrit une dizaine de pièces dont, Chroniques des oubliés du Tour et Vodou, éditées en majorité chez Actes Sud-Papiers. Ancrée tout autant dans le quotidien que dans l’imaginaire, son écriture aborde les maux du siècle : le sida, la pauvreté, les rapports de pouvoir, la guerre dans une réalité jamais crue, toujours transfigurée. Gilles Granouillet occupe la fonction de conseiller littéraire à la Comédie de Saint-Étienne.
Une mise en scène rythmée par des percussions
« Le texte de Gilles Granouillet, La maman du petit soldat, crée une forte fascination. Il nous semble appeler un jeu à la fois dramatique et choral. Le rythme du texte nous a fait entendre des percussions et nous n’avons pu résister à cette invitation ! Dans la salle intime du Prospero, nous vous convions donc à vivre la guerre de l’intérieur, à pénétrer les consciences, celle du soldat, celle de la mère et de la fille, ici, ailleurs, peut-être dans votre propre maison. » explique Odette Guimond, metteure en scène Odette Guimond, mise en scène et rôle de la mère
Comédienne, metteure en scène, professeur, Odette Guimond a une longue expérience du théâtre. Diplômée du Conservatoire d’art dramatique de Montréal en 1976, elle a travaillé notamment avec le Théâtre expérimental des femmes, Acte 3, et avec le Théâtre de la Nouvelle Lune qu’elle a dirigé pendant plus de quinze ans.. Depuis 1995, elle enseigne à l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe. Passionnée par la Méthode Feldenkrais, qu’elle étudie à New York entre 1987 et 1991, elle fonde AUTOPOÏÉSIS, une école d’art basée sur cette méthode d’éducation somatique, qui offre des stages de perfectionnement aux acteurs professionnels. Dans le cadre des activités d’AUTOPOÏÉSIS, elle a écrit et mis en scène pour le Musée Marguerite-Bourgeoys des productions à caractère historique, jouées en français et en anglais pendant cinq étés consécutifs, portant sur le Montréal du 17e au 19e siècles. Entre 2000 et 2005, elle a présenté le résultat de quelques recherches sur le travail de l’acteur à la Chaire UNESCO de l’Institut International du Théâtre à Sinaia en Roumanie et également en Grèce et au Mexique.
Isabelle Leclerc, la fille
Diplômée de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe en 2002, de la Roumanie au Mexique en passant par Montréal, Isabelle interprète de grands personnages tirés d’Antigone, de La Mouette et plusieurs autres dans la pièce Pense que tu es Dieu de l’auteur roumain Matéi Visniec, cela au gré de différents festivals de théâtre. À l’été 2004, elle est Marguerite Bourgeoys dans Les Pionnières. À Granby, en 2007 elle est de la distribution de Vérité ou conséquence. Au cinéma elle est Margo, une prostituée machiavélique, dans La princesse Isabelle. On la voit à la télé dans Max Inc et Hommes en quarantaine. Bientôt, elle sera Nadine dans la télésérie jeunesse Kaboum.
Danny Carbonneau, le fils
Diplômé de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe en 2004 où ses interprétations des personnages de Peer Gynt, Valmont et Molina (Le baiser de la femme araignée) sont remarquées, Danny aime explorer de nouvelles avenues telles la marionnette géante (Théâtre de la Dame de Cœur) ce qui le mène à à New York pour travailler sur le spectacle Wintuk du Cirque du Soleil. Passionné d’escrime de scène, il a participé à des performances de calibre international et à des tournages de méga productions américaines comme Timeline.
« Un texte poignant sur l’influence de la guerre sur la jeunesse, sur les ravages et la violence qu’elle fait naître chez les plus jeunes. » (Actes-Sud Papiers)
« Cette situation en miroir exprime la confusion et le brouillard d’un profond trauma. » (ANETH – Aux Nouvelles Écritures Théâtrales)
LA MAMAN DU PETIT SOLDAT de Gilles Granouillet, m.e.s. Odette Guimond Salle intime du Théâtre Prospero du 15 septembre au 3 octobre 2009 Mardi au samedi 20 h 15 , mercredi 19 h 15 Jeudi 2 pour 1 (nombre limité de places) Source : info reverberetheatre.com http://www.reverberetheatre.com








