2009 vient de s’éteindre. Et en cette période de post-mortem, les « tops 100 », les « listes des meilleurs… », les « coups de cœurs 2009 » sont une tradition qui envahissent nos médias. Difficile de ne pas tomber sur quelques-uns de ces palmarès au retour des vacances des fêtes.
Évidemment, l’envoûtant univers du 7e art n’échappe pas à cette passion journalistique de mettre sur un piédestal les grandes œuvres des 12 derniers mois. Et lorsqu’on épluche les hommages, nous constatons que ce sont souvent les mêmes films qui se partagent les honneurs d’une liste à l’autre. Consensus général dans lequel se retrouve très souvent Up in the air, dernier opus de Jason Reitman.
Reitman, réalisateur né à Montréal et qui s’est retrouvé sur les podiums en 2007 grâce au surprenant Juno, récidive avec son 3e long métrage. Up in the air, inspiré d’un roman de Walter Kirn, met en vedette George Clooney qui offre ici une performance convaincante toute en nuance, sans trop axer son jeu sur son casting de « sex symbol ».
Ryan Bingham (Clooney) travaille pour une firme dont le mandat est de procéder au congédiement d’employés de différents employeurs lorsque ces derniers sont trop lâches pour le faire eux-mêmes. Bingham passe donc la majorité de son temps dans les airs, à voler d’une ville à l’autre pour annoncer à des employés qu’ils viennent de perdre leur emploi. Ce drôle de métier le pousse à avoir une vision de la vie et de ses aléas bien particulière. L’engagement, le mariage, la stabilité, la famille ou les relations humaines sont des points sur lesquels le personnage principal porte des opinions bien définis. Des convictions qui se trouveront ébranlées lorsque son chemin croisera deux femmes bien différentes l’une de l’autre.
Sa première rencontre sera celle avec une femme d’affaires menant la même vie que lui, une vie d’aéroport, de points air-miles et de soirée de solitude dans les chambres ou les bars d’hôtels. C’est d’ailleurs dans ce dernier lieu que Bingham fait connaissance avec son alter-ego, rencontre qui ne devait se résumer qu’à une histoire d’un soir ; elle deviendra rapidement sa maîtresse. Ainsi, leurs trajectoires les pousseront à se revoir dans différentes villes. À sa grande surprise, Bingham découvrira qu’il partage peut-être plus de points communs qu’il ne le croit avec certaines personnes et qu’il peut être bon de développer des relations plus profondes.
Dans ce dialogue à deux, Clooney est accompagné avec brio par l’actrice d’origine ukrainienne, Vera Farmiga. Ensemble ils démontrent une belle complicité qui nous laisse croire en la magie de cette rencontre fortuite.
L’autre femme qui viendra ébranler les convictions du grand voyageur est sa nouvelle collègue (Anna Kendrick, convaincante). Jeune, ambitieuse et décidée, elle arrive dans sa vie avec une nouvelle vision, des approches dérangeantes et des valeurs en opposition avec celles de Bingham. Tant au niveau professionnel que personnel, ses principes se trouveront fragilisés et remis en question.
Avec Up in the air, Reitman a su reproduire la même magie ressentie dans Juno, avec laquelle, d’ailleurs, il avait su charmer autant les critiques que le public. Un personnage principal atypique et libre penseur, la critique de certains modes de vie qui se sont développés dans notre société, des personnages secondaires attachants par leur humanité et leur transparence, la remise en question de certains acquis qui nous semblaient inébranlables, etc. Tout ça est porté par un scénario léger, mais bien ficelé, et par une réalisation solide et juste. Up in the air saura faire soulever les débats et les discussions auprès des spectateurs.
À l’affiche au Cinéma Du Parc www.cinemaduparc.com
Up in the air
États-Unis. 2009. Réal. : Jason Reitman. 35mm. 109 min. Avec George Clooney, Vera Farmiga, anna Kendrick.
Texte : Jonathan Latreille-Chevalier









