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Boucherie Champfleuri

Pendant 17 années, les frères Collin ont tenu la Boucherie Champfleuri sise au 1577 de l’avenue du Mont-Royal Est. En août 2009, Frédéric Boileau et son beau-frère Sylvain Dubois prenaient la relève pour acheter le commerce et relancer l’entreprise familiale avec de beaux espoirs. Entrons pour y voir la chose de plus près.

Frédéric Boileau est arrivé sur terre l’année des Olympiques à Montréal, plus précisément à Ville Saint-Laurent où il passera son primaire et son secondaire. En 1992, âgé de seize ans, les études collégiales l’intéressent plus ou moins : il découvre l’univers de la viande qui l’amène aujourd’hui à son rêve initial de détenir sa propre boucherie.

Son premier arrêt ? La Boucherie Destours du Marché Atwater où il apprendra les bases, les caractéristiques et les détails raffinés de ces chairs rouges, brunes ou blanches qui se retrouvent sur nos tables. Une bonne dizaine d’années, jusqu’en 2002 pour être précis, année où il prendra une longue pause familiale et replacera ses priorités.

En 2003, retour sur le plancher des … vaches (permettez-moi l’expression) pour reprendre le collier à la Boucherie du Marché du … Marché Jean-Talon situé dans l’arrondissement Villeray. Nouvelles expériences, nouveaux apprentissages de recettes entre autres et familiarisation avec de nouvelles exigences d’une clientèle désormais plus renseignée en raison de l’explosion médiatique sur la cuisine et ses dérivées.

Frédéric Boileau aime son métier, c’est l’évidence. Avec un Sylvain Dubois plus versé en comptabilité et en administration, ils prendront le taureau par les cornes (excusez-la !) et négocieront l’achat de la Boucherie Champfleuri en août 2009.

En entrant dans le commerce, on est vite frappé par ces trois grands présentoirs vitrés qui mettent en valeur les coupes rouges, les coupes blanches, les saucisses maison et les plats cuisinés localement. Propreté impeccable, il va sans dire.

Frédéric Boileau accorde une importance aux produits locaux en axant ses choix sur les producteurs québécois autant qu’il le peut. Il me parle avec fierté de cet agneau du Québec élevé dans Charlevoix, en Estrie ou au Lac St-Jean. Et de ce bœuf vieilli pendant 28 jours et plus … N’hésitez pas à lui en parler : c’est un excellent communicateur, ai-je pu remarquer.

Pour rester dans la note québécoise, les fromages de la Boucherie Champfleuri portent les noms d’Alfred le Fermier, Cheddar de l’Île-aux-Grues, Riopelle, de même que Victor et Berthold. De bons choix et de la qualité pour bien compléter vos recettes et vos assiettes.

Frédéric Boileau pousse la note du terroir en offrant quelques bières d’ici plutôt spéciales. On y retrouve une bière brassée dans Charlevoix et baptisée … La Vache Folle (faut le faire dans une boucherie !) qui présente une petite note chocolatée dans sa finale en bouche. J’ai noté aussi cette McCrachen avec un taux d’alcool de 10.8% et un soupçon de scotch …

Dans les plats marinés maison, vous trouverez le Shish Taouk, la bavette traditionnelle, l’agneau au romarin et les côtes levées aigre-douce avec bière. Les saucisses maison allient sanglier, cèpes et vin rouge, ou la traditionnelle Merguez, la Chipolata ou la Toulouse, les italiennes classiques ou la Kamouraska. Avez-vous commencé à saliver ? De plus, on y retrouve des plats cuisinés et des sandwichs préparé par le chef André pour les gens pressés.

Les 5 employés de la Boucherie Champfleuri sauront bien vous donner trucs et recettes pour améliorer vos repas et réceptions. Ils aiment parler avec le gens m’a assuré Frédéric. Entre 9 heures et 19 heures la semaine et entre 9 heures et 18 heures les samedis et dimanches.

La vitrine Champfleuri présentera un nouveau look pour l’été qui vient et les nouveaux propriétaires se donnent deux années pour une nouvelle configuration de l’intérieur du commerce avec comme ambition d’y faire côtoyer modernisme et vieilles choses.

Avant de répondre à mes rafales, Frédéric Boileau m’a entretenu de cette belle collaboration avec l’organisme Rêve-DEC qui permet à de jeunes décrocheurs ou étudiants indécis, de venir passer une journée dans la boucherie pour y côtoyer la vraie vie et la vraie cadence de ce type d’emploi. Les invités en repartent souvent avec le sourire …

Les rafales …

Au cinéma, il a craqué pour Natural Born Killers de Oliver Stone. En musique, pour son disque, il me nomme The Wall de Pink Floyd. Le manque de courtoisie lui fait grincer les dents. Il relaxe en jouant de la guitare sur cette Gibson Les Paul qu’il vient de se procurer. Il se tirait bien d’affaire au baseball. Dans une autre vie, il se voit en … rock star ! Son coup de cœur sur l’Avenue : les jouets chez Diabolo.

Texte et photos : Michel Danis

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