El Dorado

À quinze ans, quinze dollars dans les poches, il est parti sur un coup de tête (pour ne pas dire fugue) et, sur le pouce, s’est dirigé vers son El Dorado d’alors qui se nommait … Montréal. Quelques nuitées dans les ruelles et les premiers emplois en restauration.. Vivoter dans la grande ville jusqu’à ce bel exil vers la Baie James de 1977 à 1979 sur les grands chantiers LG1, LG2, LG3 et LG4.

Michel Gaudreault revient au Lac pour suivre deux cours spécialisés en hôtellerie avant de repartir vers Banff en Alberta pour y être assistant et chef dans les grands hôtels de 1980 à 1984. Suivront de brefs séjours à l’Auberge des Gouverneurs de Joliette et au très chic restaurant Bacci pour ensuite … revenir aux études à l’Institut de Tourisme et d’Hôtellerie du Québec (ITHQ) et suivre un cours hyper concentré sur la gérance des Grands Hôtels, un cours dont seulement deux étudiants sur les 17 inscrits ont reçu leur diplôme. Vous aurez compris que Michel était l’un d’eux.

Les douze années suivantes, Michel Gaudreault semble avoir choisi la course de fond. Un Wendy’s, quatre Pacini’s, deux hôtels de Manic 5, Giorgio, Galaxy Dinner et la direction du Peel Pub. Ouf !

Pendant cette épopée ( !), un Café El Dorado existait sur la Main et s’est même déplacé sur l’avenue du Mont-Royal en 1995. Michel Gaudreault me confie qu’il a amorcé sa recherche de financement pour « passer à l’acte » le 19 janvier 1999 : chef propriétaire du Café El Dorado..

La première année fut consacrée à rendre la cuisine plus fonctionnelle et à trouver et former une équipe efficace. Michel Gaudreault se souvient avoir « essayé » pas moins de 63 candidatures dans cette première phase. Aujourd’hui, 25 personnes assurent le service entre 7 heures tous les matins et jusqu’à minuit certains soirs du weekend.

Déjà, lors de la prise en charge du resto, la mode des brunchs étoffés s’était amorcée. Je peux vous dire sans aucun parti-pris que le Café El Dorado peut facilement se comparer avec la compétition. Son menu-brunch extrêmement élaboré répondra aux exigences de vos « lendemains » et encore plus. On pourra en avoir un bon aperçu avec ce lien : interro_liens_callback . Qui plus est, monsieur torréfie son café sur place. Une rareté. Qu’on se le dise …

Michel Gaudreault n’est pas peu fier d’un autre aspect de sa carrière : l’implication familiale chez El Dorado. Son fils Daniel-Wayne (un prénom trahissant l’engouement du père pour le … hockey) officie devant les fourneaux, sa brue pour le service et Mathieu (son autre fils âgé de 15 ans) vient donner son coup de pouce à l’occasion quand il ne flippe pas des galettes chez MacDo. Le sens de l’autonomie financière de sa progéniture fait scintiller le regard du paternel.

Pendant mon habituel « supplice » des questions en rafale, Michel Gaudreault a presque amorcé une lévitation en me parlant de sa passion pour les vins. Il court littéralement les dégustations de prestige et déguste (sans cracher) pas moins de 2000 vins annuellement. Il adore les rencontres générées par ces rendez-vous.

La clientèle-type du Café El Dorado se promène entre 25 et 40 ans. Beaucoup d’artistes fréquentent les lieux, notamment pour la discrétion qu’ils y retrouvent. Pas de jet-setter malgré cette faune un peu spéciale.

La clientèle change malgré tout sur le Plateau. Des gens plus riches s’y installent et, contre toute attente, sortent moins en préférant cocooner et mijoter des plats à la maison. Devant la baisse générale enregistrée à Montréal (on parle d’une diminution de 20%), Michel Gaudreault préconise une fermeture « partielle » de l’avenue du Mont-Royal entre le 15 juin et le 15 août, tout en laissant les rues intersections transversales ouvertes. Le succès du « barrage » de la Catherine l’été dernier est éloquent à cet égard et a influencé la baisse sur l’avenue, croit-il.

En rafales :

  • En musique, il n’hésite pas : c’est Pink Floyd.
  • Au cinéma, il me nomme deux films avec Russel Crowe : le Gladiateur et Un bon Cru.
  • Il ne tolère pas les fumeurs dans son entourage et trouve son plaisir dans le … Vin.
  • Côté sport, il mentionne avoir été « pas si pire » au hockey jusqu’à cette blessure à 17 ans.
  • Dans une autre vie, il se verrait sommelier professionnel (il envisage de suivre un cours de 400 heures !)
  • Son coup de cœur sur l’avenue se dirige vers le professionnalisme de la Maison du Rôti.

Texte et photo : Michel Danis

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