C’est le 1er juillet 2002 que François Forest procédait à l’ouverture officielle de la Barraca (Rhumerie et Tapas), y transposant l’expérience et les émotions acquises lors d’un précédent séjour de sept années au Costa-Rica.
Originaire de Laval, François Forest y a vécu l’essentiel de son enfance et de son adolescence jusqu’à la fin des années 80. Fils de médecin spécialiste, il complétait un DEC en Sciences de la Santé au collège Montmorency, avec une carrière de dentiste dans sa mire.
Il me souligne avoir vibré au basket collégial de niveau AAA, affirmant en être le seul joueur blanc, de moins de six pieds avec les cheveux longs. La dentition s’évaporant de ses priorités, c’est en Économie qu’il s’inscrit à l’Université de Montréal, le temps d’y compléter une année.
L’aventure l’appelle et il décolle pour l’Amérique centrale avec sa complice. Destination : le Costa Rica. Il fait donc partie de la première vague des québécois qui s’y établissent en y investissant ses économies dans une auberge sympathique (10 chambres) et y ajoute un resto-bar. Escapades dans la jungle et sessions de kayak viennent compléter le forfait vacancier.
En 2001, la nostalgie et l’arrivée imminente de son fils Isaac le ramènent au Québec après la vente de son entreprise à d’autres québécois. L’ancien serveur du Saint-Sulpice (ils sont quelques uns à brasser des affaires sur l’Avenue) amorce un repérage et s’associe à Francis Dumais et Danny Pyton pour rénover de fond en comble l’ex Barman et Robin. La Barraca (la Barraque) amorce sa jeune histoire.
Les murs de cet établissement tout en longueur présentent toutefois une histoire plus que centenaire. Habillés des planches magnifiquement conservées d’une très vieille ferme de Saint-Sauveur, ils confèrent à l’endroit un cachet approprié pour cette si vieille boisson originaire des pays du Sud. Rhum en vedette à la Barraca. Pas moins d’une vingtaine, dont certaines en importation privée. Du Venezuela, Trinidad, Jamaique, Martinique ou des Barbades, le jus de la canne à sucre s’y présente parfois avec plus de 20 années de vieillissement pour y adopter des notes mûries de cognac. L’étiquette Plantation scintille derrière le bar.
La Barraca offre également des bières européennes et des tapas, ces petites bouchées espagnoles très tendance qui déferlent et envahissent les 5 à 7 montréalais. Variant de $3 à $7, j’en ai retenu quelques unes spectaculaires parmi la trentaine offerte sur un menu qui varie mensuellement : escargots persillés à la catalane, saumon fumé sauce vierge, pieuvre méditerranéenne aux trois poivres ou encore la caille marinée au paprika. L’eau à la bouche, vous dites ?
Avec ses compères, François Forest reçoit une clientèle majoritairement locale qui oscille entre 30 et 45 ans, avec une légère prédominance féminine. Habla usted espagnol ? Ça n’est pas requis pour fraterniser à la Barraca. Terrasse lumineuse d’un équinoxe à l’autre, ou presque...
En rafales ... Disques : Il y va d’un amalgame des jeunes québécois de l’heure comme Dumas, Mes Aieux, Yann Perreault, Stefie Shock . . . Cinéma : "La vie est belle", visionné l’année de l’arrivée d’Isaac . . . La perte de forme et la transformation du métabolisme ( !) l’indisposent Son grand plaisir : déguster l’arrivée du printemps après la froidure Sportivement parlant, le basket (bien sûr) mais aussi le wake-board, le ski et le tennis qu’il pratique toujours. Il se serait vu architecte ou pirate (à la Corto Maltese) "La Maison du Rôti", le Edgar retiennent ses faveurs sur l’avenue
Texte : Michel Danis Photo : Nicolas Pelletier








