La galerie Ars Longa : la galerie d’une artiste...une vraie !

La Galerie Ars Longa ? « Vita brevis, ars longa » nous dit la locution latine. La vie est brève et l’art se poursuit, pourrions-nous traduire. On peut en dire de même au sujet de l’art de Louisa Nicol, directrice de la galerie Ars Longa, qui réalisait ses premiers dessins en 1950 dès l’âge de 7 ans, pour ne jamais s’arrêter par la suite.

Aînée des huit enfants de parents cultivateurs, Louisa Nicol se remémore une enfance très agréable à Palmarolle dans la belle Abitibi. Elle sourit quand le chroniqueur lui nomme le fils le plus connu de Palmarolle, un certain Rogatien Vachon, gardien de buts des Canadiens dans les années 60.

Des souvenirs d’enfance agréables disions-nous, à un point tel que Louisa Nicol retourne toujours à Palmarolle chaque été pendant trois mois ( !!!), pour les vacances, mais aussi pour préparer et présenter durant le mois de juillet, l’École des Beaux-Arts Rosa-Bonheur, une série d’ateliers d’initiation pour les gens du coin, leurs voisins et les touristes de passage. Un événement-succès depuis … 1988 ! Pour les curieux, Rosa Bonheur est une peintre française (1822-1899) qui a inspiré la petite Louisa (12 ans) au hasard d’une lecture dans le Reader’s Digest, qui lui fera dire : « le dessin et la peinture, voilà ce que je veux faire ! ». Une maladie incurable, nous avouera la même Louisa, une cinquantaine d’années plus tard.

Après son primaire au village, l’artiste en devenir ira étudier son secondaire à Amos avec un accent sur les ateliers de peinture et sa première « galerie » en 1962-63, à l’aube de sa vingtaine. Les cinq années suivantes, elle s’exile à Québec pour les Beaux-Arts avec des incartades sur la rue du Trésor pour peindre en public et bosser pour des petits emplois au théâtre (décors) et retouches de photos.

En 1967, elle entre à Radio-Canada comme illustratrice, notamment pour les Contes et émissions pour enfants. Parmi les diverses émissions pour lesquelles elle a collaboré, le chroniqueur se remémore Montréal PQ de Victor Lévy-Beaulieu, dans laquelle Yves Desgagnés incarnait un peintre rebelle et ivrogne. Louisa Nicol était … la main du peintre, en ce sens que les belles toiles sur lesquelles Desgagnés apposait les petites retouches étaient en fait … celles de Louisa. Les croquis au fusain des grands criminels que les caméraman ne pouvaient filmer en Cour, c’était aussi Louisa. Cette aventure à la SRC s’est terminée en 1983.

Parallèlement, Louisa Nicol enseigne à l’UQAM (1973-2003), le dessin, les croquis et … les perspectives euclidiennes, qui ont laissé le chroniqueur pantois jusqu’à ce que la prof m’explique qu’il s’agit simplement d’appliquer les principes de la géométrie plane au service des tableaux. Fiou !

Retraitée de l’UQAM en 2003, Louisa Nicol ouvrait la Galerie Ars Longa la même année. Dans les locaux autrefois occupés par le bazar de la Coop-Olier (2320 sur l’Avenue), Louisa Nicol a mis sur pied cette galerie d’exposition où peintres, graveurs et artistes peuvent étaler leurs œuvres dans les salles ouvertes, largement éclairées par la lumière du jour. Premières, vernissages, conférences et autres manifestations culturelles s’y déroulent avec des séjours de peintres variant entre une et deux semaines. Pour un prix abordable, les artistes louent l’espace ET gèrent l’exposition.

Lors de ma visite, un collectif de peintres y présentait des « petites » toiles et cadres dont les prix n’excédaient pas le $100. Une belle façon de trouver l’image qui illuminera un coin de VOTRE appartement sans assombrir vos finances. Un autre collectif reviendra début-décembre. Les dimanches et mercredis ont lieu des ateliers libres avec modèle vivant pour les artistes.

À l’arrière de la grande salle d’exposition, on retrouve différents coins que Louisa Nicol offre en location courte ou plus longue pour des ateliers, des cours ou encore comme espaces pour les peintres amateurs-avertis ou professionnels. Le tout entoure les aires de l’appartement de madame Nicol, avec ce joyeux et sympathique désordre qu’on imagine habituellement chez les artistes-peintres.

Louisa Nicol se réjouit de la récente adhésion de son secteur à la Société de Développement de l’Avenue du Mont-Royal et compte sur son appui pour la réfection de la devanture du commerce qui abaissera les vitrines au niveau des passants, tout en lui conférant une porte d’entrée et un accès dignes de ce nom.

En rafales :

En musique, Mozart est le maître incontesté. Au cinéma, Harold et Maud l’ont marqué. Le manque d’argent lui tombe sur les nerfs. Elle relaxe et adore rouler dans SA Citroen. Elle a déjà joué au hockey avec les graphistes de Radio-Canada !!! Coup de Cœur sur l’Avenue : la bouffe sympa chez Lune d’Asie

Texte et photo : Michel Danis

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