Non seulement le nom de ce commerce s’avère génial, mais ce qu’est Le Placard, ce qu’il devient et ce vers quoi il se dirige m’est clairement apparu comme la quintessence du commerce sur l’avenue du Mont-Royal et ailleurs sur le Plateau.
Un café-bistrot type cool, avec sa section friperie et la prochaine ouverture de l’Autre Placard, plus chic, juste en face, sans oublier le vert-écolo-recyclo et le commerce-aidant. Ouf ! Ne vient-on pas de faire le tour du quartier chéri des montréalais ? Tout ça sous la direction de François Audet. Après une centaine d’articles dans le collimateur, ma rencontre avec le géniteur du Placard symbolise ce que ces hommes et femmes d’affaires de l’Avenue, par leurs actions cumulées, ont donné comme ton et comme rythme au quartier.
François Audet nous arrive de Sorel où il commençait son séjour terrestre en 1967. Fin d’adolescence, il amorce un court séjour dans l’industrie du vêtement, y assurant même la gérance de boutiques pour la multinationale Métropolis. Puis, il retourne sur les bancs d’école au Collège LaSalle en gestion Hôtellerie. Il ne terminera toutefois pas ce diplôme. Il juge avoir assez d’informations accumulées et quitte le Collège avec un leitmotiv en tête : je ne travaillerai plus jamais pour un autre !
Avec un maigre $400 dans les poches, il signe un bail pour ouvrir le premier Placard sur la rue Rachel, entre des Érables et deLorimier. Un premier essai satisfaisant qui devient plus difficile en 1998 avec la fermeture d’une caisse pop et d’une succursale de la Banque Nationale, deux voisines qui générait un achalandage certain. S’en suivront deux années difficiles qui forceront même François Audet à cumuler deux emplois pour survivre.
L’année 2000 se veut celle du déménagement, deux rues au Nord, au 2124 de l’Avenue du Mont-Royal pour être précis. Le Placard (étape 2) n’aura toutefois duré que deux années puisqu’il déménage juste en face ( au 2129) dans les locaux beaucoup plus vastes du restaurant belge Fabismo (antérieurement Les Beaux-Retours) le 1er décembre 2002. Cette fois, c’est un ancrage total pour Le Placard qui ne bouge plus de cet emplacement.
On parlera donc de sept années subséquentes d’évolution lente pour Le Placard. Comme un bon gigot qui mijote. Appuyé par quelques associés silencieux, François Audet développe son projet « chaise par chaise et table par table ». La cuisine sympathique et abordable offrira le petit-déjeuner avec bagels, croissants, céréales, muffins et omelettes, alors que les autres moments de la journée proposeront sandwichs et gâteries, comme le saumon par exemple.
Les cafés du Placard donneront satisfaction aux plus exigeants. La rencontre de François avec Stevan, du café Rico, fut déterminante. Avec un tel pusher de café, la qualité et l’équitable sont au rendez-vous ! J’ajoute trois stations internet prochainement disponibles et le Placard vous offre des bières importées et autres alcools.
Tout à l’arrière du Placard, la friperie pensée par François Audet se développe avec une philosophie adaptée au recyclage et la réutilisation. Dans le quartier champion du bac vert et de l’écologie, cette friperie n’est donc pas un tape-l’œil, comme le démontre le choix judicieux de Certex comme fournisseur.
Je dois aussi vous parler du Coin à Nanette que François concocte avec notre si belle chanteuse (Lady Marmalade entre autres). Un coin qui recevra vos dons de CDs et DVDs, lesquels seront revendus $5 et dont TOUS les profits seront versés au Club des Petits Déjeûners.
Enfin, le 1er avril dernier, juste en face, l’Autre Placard ouvrait ses portes. Associé à Sophie Laquere, François Audet y récidive avec un concept toujours écolo mais … plus chic, appuyant la création québécoise via le recyclage. En affaires avec la créatrice Rachel F., déjà connue pour ses créations haut de gamme pour sacs-à-main, ceintures, bijoux et accessoires réalisées à partir de matériel recyclé (manteau de cuir ou fourrure). Le tandem voit grand pour les années qui viennent avec des projets pour d’autres avenues commerciales. François m’a parlé de New K Industry, de T-Shirt écolo etc. Vous devriez voir l’éclat lumineux dans les yeux de François Audet quand il parle de ces projets !
Le Placard a le vent dans les voiles. La place est pleine chaque midi et pour les 5 @ 7. Les gens du Plateau l’ont adopté et quand les gens du Plateau adoptent quelque chose … vous connaissez la suite !
En rafales …
Le film québécois C.R.A.Z.Y. l’a carrément emballé.
En musique, spontanément il me nomme Sylvie Paquette, une cliente assidue.
Il rage devant ceux et celles qui n’ont pas de « jugeotte » …
Il relaxe à … ne rien faire.
Dans une autre vie, il se verrait fort bien dans un organisme d’aide humanitaire.
Texte et photo : Michel Danis






