Le plus beau métier au monde

La Boîte à coiffer, le salon de coiffure de Lucette Charbonneau, a ouvert ses portes il y a dix ans déjà sur l’avenue du Mont-Royal. À l’occasion de cet anniversaire, Mme Charbonneau nous fait découvrir sa passion pour son art et pour sa "boîte".

À peine arrivée dans l’enceinte de son salon, je ressens l’ambiance chaleureuse qui se dégage de l’endroit. Mme Charbonneau tout sourire, délaisse ses ciseaux, le temps de l’entrevue. À travers cet entretient, j’ai fait la connaissance d’une personne charmante et passionnée.

Toute petite, elle se destinait à la coiffure. C’est à l’âge de cinq ans qu’à l’aide de ses poupées, elle développe son amour pour la coiffure. "J’ai toujours eu cette envie de devenir coiffeuse avec le rêve d’ouvrir mon propre salon ;bien que ma mère ne souhaitait pas que j’exerce ce métier. Elle me répétait souvent que c’était un métier sans avenir ; mais aujourd’hui face à ma réussite, elle a changé d’opinion."

Montréalaise d’origine, elle se réjouit de la quantité de programmes offerts dans les nombreux instituts de la ville. Diplômée de l’Académie Rollande Saint-Germain, elle travaille pour un des salons de sa formatrice puis, elle devient coiffeuse dans le salon de Ginette Mailhot. Cette aventure dure douze ans, "douze belles années", précise-t-elle.

"C’est lors de cette expérience que j’ai développé ma philosophie de la coiffure, valeurs que je continue d’appliquer aujourd’hui". Quelle est-t-elle ? "Etre constamment à l’écoute du client et ne jamais le laisser partir avec le moindre sentiment d’insatisfaction. Si on détecte le plus petit malaise sur son visage, on ne le laisse pas repartir. On discute, la communication est primordiale puis, on le fait revenir le lendemain et encore le surlendemain s’il n’est toujours pas satisfait."

C’est également poussé par sa patronne qu’elle décide de se lancer dans l’ouverture de son propre salon. Après un an d’étude pour élaborer un plan d’affaire, elle vend tous ses biens, voiture, télévision et emménage dans un très petit appartement afin d’investir dans son commerce. Le plus dur ? Convaincre les banquiers.

Le 1 août 1995, son rêve de petite fille se concrétise et la "Boîte à coiffer" voit le jour sur le Plateau. A l’ouverture, elle ne travaille qu’avec une assistante mais très vite, en l’espace de huit mois seulement, elle recrute six employés pour faire face à la demande. Le chiffre d’affaire est quatre fois supérieur à celui prévu au départ !

C’est un succès incontestable permis grâce à son ancienne clientèle qui l’a suivit fidèlement dans sa nouvelle aventure et grâce à l’efficacité du bouche à oreille, le meilleur vecteur de promotion.

Après vingt-trois années à exercer ce métier, Lucette Charbonneau, est toujours tout autant passionnée par la coiffure. Aucune routine n’existe dans cette profession. Comment se lasser de redonner le sourire aux gens, de leur redonner confiance en eux, simplement en les écoutant et en les coiffant ? Certainement le plus beau métier au monde.

En rafale : En musique : la voix du King l’enivre Son film : Le Seigneur des Anneaux Ce qu’elle préfère ? la nature Ce qui l’enrage ? les publicités vantant les teintures : "se colorer les cheveux c’est très technique, il faut connaître parfaitement l’influence des pigments par exemple. À cause des promesses faites dans ces pubs, les clientes sont emballées mais c’est la catastrophe" Son petit plaisir : la crème brûlée la fait craquer Son autre passion : l’horticulture

Texte : Michel Danis Photo : Sadia Boumrar

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