Motion Urbaine : un concessionnaire consacré au transport routier électrique

Vous ne le trouverez pas en musardant sur l’avenue du Mont-Royal…mais en piquant vers le sud, coin Marquette, une vingtaine d’enjambées et vous y êtes : Motion Urbaine.

Étrangement, le commerce précédent portait le nom de Terres … Urbaines. Hasard ou pas, du jardinage au scooter électrique vous y trouverez un dénominateur commun : le souci de l’environnement !

Tout est électrique chez Motion Urbaine : l’essence y est totalement bannie. C’est la conviction profonde de Jean Pruneau, qui pourtant, a gagné sa croûte plusieurs années dans le monde des moteurs à essence. Rédemption ? Clairvoyance ? Réparation ? Flair ? Imaginons un mélange de toutes ces avenues et laissons l’homme d’affaires nous convaincre des avantages du transport électrique.

Jean Pruneau, c’est un gars de Québec qui est arrivé sur la Rive-Sud de Montréal au début des années 80, au beau milieu de son enfance. Des études allongées de 1992 à 1999 en Comptabilité-Management à l’UQAM, lui ont permis d’acquérir les outils pour saisir correctement les occasions d’affaires lorsqu’elles se sont présentées. Prenons quelques instants pour examiner ce parcours.

Vous vous rappelez du grand retour des voitures Coccinelles (de Volks) sur le marché ? C’était en 1998. La demande pour la pré-vente étant complètement folle, Jean Pruneau achetait un « droit d’achat », deux années avant la livraison de cette fameuse Coccinelle, pour $200 ! Lorsque l’objet convoité est finalement arrivé, il a revendu ce droit pour $4,000 … à un Européen ! Pourquoi ? Les Coccinelles étaient fabriquées en Amérique du Nord et les Européens n’y ont eu droit que beaucoup plus tard. Avec ses contacts aux exportations, Jean Pruneau a, par la suite, acheté beaucoup de Coccinelles d’ici pour les revendre en les faisant livrer outre-mer. Puis, la manne est disparue …

Des séjours comme vendeurs chez Mercedes, puis Audi, se sont avérés payants mais l’entrepreneur s’y sentait exploité et moins libre. Il s’installe donc chez lui pour vendre des véhicules usagés destinés aux États-Unis. Une mine d’or durant les années 2001 à 2003, puisque à cette époque la faiblesse de notre dollar canadien se voulait convaincante pour l’acheteur amerloque. Avec l’aide du web, Jean Pruneau s’y est trouvé une niche intéressante.

En 2003, la Loi change au Québec et les modèles de vélos et de scooters électriques vont bénéficier d’une tolérance exceptionnelle quant aux pré-requis pour les conduire : pas de permis, ni de plaques, ni d’assurance ! Malgré le fait que ces engins soient équipés d’un odomètre et même de freins hydrauliques, n’importe qui peut s’installer au volant et rouler dans les rues de la ville.

Jean Pruneau flaire la bonne affaire. Une affaire très appropriée à la mouvance écologique et environnementale urbaine, dont le Plateau assume un leadership reconnu. Pendant que les modèles évoluent et tentent d’obtenir leur homologation, Jean Pruneau étudie son marché, établit ses nouveaux contacts et cherche SON fournisseur. Il le trouvera en Chine et fait fabriquer le modèle maison EBIKO, qu’il fera modifier après des essais locaux. Motion Urbaine se veut le fournisseur exclusif du scooter électrique EBIKO.

Examinons quelques caractéristiques cette machine. À vitesse maximum, elle atteint 32 km/h. Pour charger les batteries, les cinq heures de branchement vous coûteront la somme faramineuse de … 25 cennes ! Et vous aurez ainsi accumulé une autonomie de 40 kilomètres avant le prochain branchement. Le coût ? Entre $1,100 et $1,500. Vous admettrez que pour le transport dans le quartier, c’est comme un rêve. Sans oublier que cette classe de véhicule (500 watt maximum) n’exige pas de permis, pas de plaque et pas d’assurance. Comme un simple vélo ! Ajoutons que les 14-18 ans doivent toutefois passer un petit test écrit pour obtenir la Classe 6A.

Motion Urbaine ouvrait ses portes en 2005, devenant le seul concessionnaire de la région métropolitaine entièrement consacré au transport routier électrique. Les deux années suivantes, Jean Pruneau se consacre à l’information et l’éducation des consommateurs ainsi qu’à des ajustements et des modifications du modèle EBIKO. Aujourd’hui, il sait fort bien que les années qui viennent seront reconnues pour l’explosion des ventes de véhicules routiers électriques. L’heure est venue, affirme-t-il sans fanfaronner et la technologie est prête !

Parallèlement à son produit vedette, Motion Urbaine offre également des vélos électriques et des trottinettes. Considérant le plan général de transport, adopté récemment par l’Arrondissement du Plateau Mont-Royal, la limite de vitesse préconisée (30 km/h) et l’engouement généré par cette politique, on peut dire que Motion Urbaine a le vent dans les voiles. À un point tel que la CDEC du quartier appuyait financièrement son plan d’affaires en 2008 et permettait l’embauche de deux techniciens.

N’oubliez pas : coin Marquette, on vire au sud !

En rafales …

  • En musique, il appréciait le style des Jackson (Michael et les autres)
  • Il déteste la saleté dans les rues et le manque de civisme qui l’occasionne
  • Il a excellé au basket, étant même coach au niveau secondaire
  • Il ne se verrait vraiment pas ailleurs que dans le domaine du transport privé
  • Coup de cœur : le Gym du Plateau

Texte et photo : Michel Danis

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