Paul Soucie, du M( !)isto

C’est à Fort-Coulonge, dans la giboyeuse Outaouais, que Paul Soucie a démarré son existence. Son père oeuvrant en forêt pour l’organisation technique des camps de bûcherons (dont la cuisine . . .), c’est donc assez tôt que lui est venue cette manie de restaurer les autres.

Déjà, à la polyvalente Mont-Bleu de Hull, il prenait des cours de cuisine vers la fin des années 80. Tout naturellement, il a poursuivi sur cette lancée en décrochant son diplôme à l’Institut de Tourisme et d’Hôtellerie du Québec en plein Plateau Mont-Royal. Un premier stage de quatre ans au restaurant belge Witloof lui a permis de faire l’apprentissage des nombreuses facettes de ce métier, de l’organisation de l’espace jusqu’aux fourneaux.

Avec des associés, il s’est lancé en affaires avec la mise sur pied des quatre restaurants Pizzédélic qui ont innové en apportant un certain brin de folie dans la confection des pizzas. Désirant pousser l’aventure italienne moderne plus loin, il quitte le groupe pour mettre sur pied, avec son associé Pierre Bédard (un collègue connu chez Witloof), le M( !)STO qui ouvrait ses portes en 1995.

Misto dans la langue de Dante, le mot signifie mélange. C’est l’impression première d’une lecture du menu Misto qui présente des assiettes ensoleillées de pâtes actualisées. On y nage dans les pastas : pennes, trinettes, linguini, fusilli, cappellini, tagliatelli, tortiglioni, farfalle, medaglioni et, bien évidemment, les pizzas à croûte mince comme le font les italiens (j’affectionne particulièrement la Calabrese).

En concoctant lui-même son menu, Paul Soucie préconise la fraîcheur des aliments, bien sûr, mais aussi la simplicité. Ne pas surcharger pour impressionner le client invité. Les pâtes et sauces enveloppent ou le saumon, ou les crevettes, ou le poulet, ou le prosciutto, avec le sauté des légumes appropriés. Le M( !)STO vise ainsi les vraies saveurs des trattorias.

La carte des vins fait le tour du monde mais se démarque nettement par une impressionnante liste de sélections italiennes. J’y ai noté des rouges à moins de trente dollars et quelques grandes bouteilles définitivement hors de la portée du portefeuille d’un . . . chroniqueur.

Paul Soucie a façonné le design de son restaurant. Bénéficiant d’un plafond très élevé, le décor du M( !)STO mélange (tiens ! tiens !) agréablement les boiseries, la vieille brique et le modernisme du métal. La grande devanture vitrée, ouverte pour les jours chaleureux, contribue à l’éclairage de jour. J’ai noté pour vous la voix cool jazz de Dorothée Berryman lors de mon passage et je suis toujours admiratif devant la propreté remarquable de la salle des toilettes.

Paul Soucie ne semble pas vouloir dormir sur ses lauriers puisqu’il m’a avoué des partenariats dans trois autres restaurants (la Pizzateria et Spag & Cie) situés au bas des pistes du Mont-Tremblant et Roméo situé sur la portion ouest de l’avenue du Mont-Royal. À ce stade, il lui faudra commencer à songer sérieusement à la gestion de . . . son temps !

Petite note personnelle : à chacune de mes visites au M( !)STO, je complète mon repas avec la crème brûlée. Pour avoir goûté presque toutes celles de l’Avenue, c’est la meilleure. Et ceci n’est pas une pub, qu’on se le dise.

En rafales . . .

  • SON disque : n’importe lequel de Daniel Bélanger
  • SON film : Big Fish de Tim Burton
  • Pour le faire rager ? Piger dans son assiette
  • Il relaxe … en cuisinant, bien sûr, ou en dégustant un bon vin
  • Sport pratiqué : le cyclisme, même en compétition amateure
  • Il aurait également aimé une carrière comme photographe

Texte : Michel Danis

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