Questionné plus serré afin de connaître l’origine de son engouement pour les fourneaux, Raymond ne détecte qu’un indice : il n’avait que 14 ans lorsqu’il a réalisé ses premiers gâteaux dignes de ce nom. Je connais bien des mères qui auraient fortement apprécié un tel engouement de leur progéniture.
C’est à Sainte-Angèle-de-Laval (tout près de Bécancour) que Raymond Harnois intègre le marché du travail au sein de l’équipe de cuisiniers du restaurant L’Accueil, LE restaurant haut-de-gamme de la région. Il n’y restera que deux ans avant de venir sonder le terrain dans la grande ville.
En sortant de sa première entrevue montréalaise, il est frappé d’un éclair important qui marquera sa carrière : il ne sera plus cuisinier mais bien pâtissier. Bye Bye Montréal ! On le retrouve peu après chez Boivin-Giroux, une pâtisserie géante de Saint-Eustache où Raymond se souvient avoir décoré et monté pas moins de 60 gâteaux de mariage par semaine durant la période de pointe estivale.
Un retour à Trois-Rivières pour tâter le marché et procéder en 1985 à l’ouverture de la Pâtisserie Harnois, en association avec sa sœur. Raymond se rappelle de la fébrilité qui l’animait en volant ainsi de ses propres ailes. Et d’un bel espace de manœuvre pour y aller de ses propres créations, lesquelles lui ont permis de décrocher de nombreux prix et la reconnaissance du milieu lors des Salons culinaires régionaux. Quelques trophées importants ornent d’ailleurs la vitrine de sa boutique du Plateau "Chocolats Harnois" inaugurée en mai 2003 sur l’Avenue Mont-Royal.
Voisiné par un charcutier, un saucissier et un poissonnier, le chocolatier complète judicieusement un secteur de l’Avenue fort prisé des épicuriens et autres amateurs de gourmandises. Qui dit Harnois dit chocolat. Que du chocolat dans la boutique. J’y ai bien détecté quelques friandises caramel au beurre salé et de jolies tasses pour déguster votre . . . chocolat chaud, mais l’essentiel provient du cacao. Je vous défie de ne point saliver devant les présentoirs de gâteaux, ou devant les bouchées importées de Suisse et de France.
Dans ce coin de l’Avenue, les accros du choco connaissent désormais Raymond Harnois. J’imagine facilement les discussions gourmandes avec cet homme au sourire franc. Les créations chocolatées de ce professionnel, mais aussi les demandes spécifiques de la clientèle, augurent bien pour Chocolats Harnois.
En rafales . . .
- Disque favori : le montréalais Leonard Cohen obtient son vote
- Il opte pour le cinéma léger : Un Prince à New-York ou Pretty Woman
- Hypocrites et menteurs l’incommodent sérieusement
- Une ballade en forêt, voilà son véritable nirvâna
- Il se serait également vu en décoration intérieure. On le comprend fort bien en observant l’aménagement de sa boutique.
- Coup de cœur : la boutique de Feuilles en Fleurs
Texte : Michel Danis






