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Les pionniers de l’avenue

L’avenue du Mont-Royal a vu le jour il y a plus d’un siècle et demi entourée de champs, de carrières de calcaire et de tanneries.

Dès 1845, ouvriers et artisans s’installent dans le quartier autrefois nommé Coteau-Saint-Louis. Tranquillement, les petites agglomérations deviennent des quartiers et la vie urbaine prend forme. Les banques et les tavernes, lieux de rencontre privilégiés des ouvriers, émergent dès les années 10. La plus vieille taverne aurait même 95 ans !

Voici donc une parcelle d’histoire racontée grâce à trois commerces pionniers qui ont su traverser les époques et qui sont toujours dans le coup.

La cordonnerie Tony Pappas voit le jour en 1900. C’est alors la propriété de M. Pappas. En 1946, elle est achetée par les frères Nenef, propriétaires du défunt restaurant 3 minutes. En 1975, Roland Gauthier acquiert le commerce. À l’époque, Tony Pappas est une mercerie pour hommes et les clients du quartier y trouvent de tout : chapeaux, cirages, boutons de manchette, cravates, cirage de souliers, etc.

Transformée en cordonnerie au fil des ans, Tony Pappas est aujourd’hui l’une des plus anciennes cordonneries québécoises. C’est également un magasin de chaussures dont la réputation n’est plus à faire. Au printemps 2000, Tony Pappas a agrandi ses locaux en achetant le restaurant 3 minutes. Malgré cette prospérité, le commerce de la famille Gauthier demeure un magasin à l’esprit familial.

La bijouterie J. Omer Roy et Fils ouvre ses portes en 1919. Bijouterie familiale, le commerce abrite, au cours des années 30, le salon d’optique Trottier. Cette association est si fréquente à l’époque qu’il est encore courant, aujourd’hui, de voir des gens se présenter chez J. Omer Roy afin d’y faire réparer des montures de lunettes ! En 1974, un incendie ravage totalement la bijouterie. Une reconstruction complète est nécessaire et la bijouterie sera fermée six mois durant. Aujourd’hui, M. Normand Roy représente la troisième génération de cette entreprise familiale réputée.

Lors de son ouverture en 1951, le bistro Ty-Coq est le premier restaurant à offrir la prise de commande par téléphone et la livraison à Montréal. L’endroit est alors la propriété du célèbre animateur de radio Roger Baulu. D’autres personnages connus y ont également laissé leur trace. Michel Tremblay y a été livreur de 1954 à 1961 et Gérald Godin, député du quartier à l’époque, y était un client assidu. Ty-Coq a aussi été pendant plus de 25 ans LA halte des groupes qui se rendaient au Théâtre des Variétés. Cette rôtisserie, transformée en bistro au fil des ans, a su s’embellir et a même été finaliste au Concours Commerce design de Montréal en 1996. Ty-Coq est la propriété de M. Claude Patenaude depuis maintenant 36 ans. Le restaurant a récemment changé de nom et s’appelle désormais "L’orange pressée".

Depuis longtemps, les commerces de l’avenue façonnent l’histoire. Et ils sont nombreux à la faire. Parce qu’il est impossible de raconter la petite histoire de chacun d’eux, voici la liste des commerces plus que cinquantenaires. Longue vie à tous !

Banque Royale du Canada, 90 ans Banque de Montréal, 81 ans Le Zinc, plus de 66 ans Bar à bière Mont-Royal, plus de 60 ans Brasserie Chez Baptiste, plus de 60 ans Bar la Porte Rouge, plus de 60 ans Taverne Normand, 60 ans