Federico Rivas : latin, montréalais, tenancier et golfeur ...

En mars 2002, Federico Rivas prenait les clefs de Chez Baptiste et y amorçait une cure de rejeunissement devenue indispensable pour cette vieille institution. Le lifting a réussi et une faune locale façonne désormais l’atmosphère conviviale de l’endroit.

Malgré la sonorité étrangère de son nom, Federico Rivas est un Montréalais pure laine. Le paternel venait d’Espagne, bien sûr, mais c’est dans l’Ile de Jean Drapeau que Federico a poussé son cri primal, complété primaire et secondaire, fréquenté le cegep et décroché un diplôme en Économie et Finances de l’école des HEC à l’UdM en 1994. Cependant, la chaleur latine de ses ancêtres coule toujours dans ses veines et le servira tout au long de son chemin.

Quelques années au département des ventes du géant Labatt, séjour chez la micro Belle Gueule et une première acquisition en 1998 : la brasserie La Maisonnée, tout près de l’université dans Côte-des-Neiges. En 2000, coup de théâtre : à peine cinq ans après avoir tapé sa première balle de golf, Federico constate son habileté sur les parcours locaux et décide de tenter sa chance sur le circuit québécois. Des résultats de beaucoup inférieurs à ses attentes le ramènent à la réalité : il ne gagnera pas sa croûte sur les links.

Qu’à cela ne tienne, Federico réintègre le marché du houblon et prend les commandes Chez Baptiste. Passage délicat d’une clientèle à l’autre, sans bousculade ni froissements des esprits. La table de billard et les videopokers n’ont plus leur place dans l’ambiance que préconise le nouveau proprio. Les boiseries sont rafraîchies, les couleurs revues et le bar entièrement refait avec prédominance de ces quatre magnifiques pompes témoignant de l’arrivée des micro-brasseries Chez Baptiste. L’investissement consacré à une ventilation accrue permet aussi d’amoindrir les volutes des fumeurs.

Le nouveau tenancier situe sa clientèle dans le 20-40, avec un subtil mélange des genres : relève artistique locale, travailleurs, professionnels, universitaires, lettrés ou musicaux. Une bonne vingtaine de tables, deux sofas, un jeu de baby-foot à l’arrière, des peintures au style enfantin (c’est l’exposition du mois, elles changent aux 4 semaines…), quatre écrans de télé et une musique appropriée : lors de notre passage, se sont succédés Dumas, Lennon, Renaud et les notes arabisantes de Rachid Taha. Quelques lancements (livre ou disque) et spectacles intimes viennent occasionnellement stimuler l’ambiance et la clientèle.

Cheval Blanc, Tremblay, Belle Gueule, Coup de Grisou, Saint-Ambroise et McAuslan, ce sont quelques unes des belles blondes, rousses, blanches ou noires que Federico propose à ses invités à compter de la quatorzième heure. Vous pourriez également lui détailler votre plus récent oiselet sur un parcours quelconque au milieu du printemps . . .

En musique forcé de n’en nommer qu’un seul, il opte pour Manu Chao Au cinéma, il a particulièrement apprécié Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré La négligence de celui qui laisse tourner son moteur-pollueur, il n’aime vraiment pas Rien ne vaut une longue escapade improvisée : pur plaisir Sportivement, le golf (bien sûr) mais aussi le hockey qu’il pratique régulièrement. Coups de cœur sur l’avenue : le Boudoir et les denrées exotiques de Folie en Vrac.

Texte et photo : Michel Danis

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