Pendant 45 années, l’édifice sur le coin nord-est de l’intersection Cartier et Mont-Royal abritait une petite pharmacie de quartier. Depuis le 17 décembre 2009, Fabrice Carrubba et Anne Lespérance y ont ouvert l’Appartement boutique pour vous offrir des fringues au goût du jour pour hommes et femmes. Vous entrez y jeter un coup d’œil ?
Anne et Fabrice ont connu des parcours différents qui se sont croisés au hasard de leurs pérégrinations autour du globe et qui, finalement, les ont réunis pour mettre sur pied une boutique dans laquelle ils exercent leurs talents en complémentarité. Allez que je vous raconte…
Fabrice Carrubba n’avait que trois ans quand ses parents ont quitté Hamilton en Ontario (mais si !) pour réintégrer leur mère-patrie de l’autre côté de l’océan. Retour à Cannes donc, sur la Côte-d’Azur où le jeune Fabrice passera enfance et adolescence jusqu’à l’âge de 19 ans lorsque la piqure d’une mouche lui fait retraverser l’Atlantique dans l’autre sens pour venir s’installer à… Montréal. Le voilà ici pour de bon !
Malgré ses connaissances en photographie, Fabrice optera pour le monde de la restauration et amorcera le tout comme serveur au Vieux-Munich du centre-ville, une institution qui, vous le savez, deviendra le célèbre Meddley. Il y gravira les échelons jusqu’à la gérance et la direction du personnel en salle. Certains soirs, ça n’était pas une sinécure la gestion des gens saouls et des freaks de la musique, me confiera Fabrice. Mais puisqu’il y est resté aux commandes une dizaine d’années, on peut en conclure qu’il a bien aimé. Jusqu’en 2009 où le Meddley a cessé ses activités…
De son côté, Anne Lespérance est née à Tétreaultville en 1977 mais a passé l’essentiel de son enfance à Saint-Benoît-de-Mirabel où son papa se retrouvait rapproché de l’employeur Air Canada. Après son secondaire à Tétro, elle fait un bref passage la moitié d’une session au cegep Maisonneuve. En 1995, à 18 ans, elle ne peut réprimer sa soif et part en voyage… toute seule, comme une grande !
Les années folles : cinq années en exil un peu partout, retour à Montréal l’été pour amasser des sous comme serveuse notamment au Spectrum, au Métropolis et… au Meddley où elle fait la connaissance de Fabrice qui devient un ami vrai. Re-départ pour ailleurs en Asie et en Indes avec des arrêts prolongés à Toulouse et Nantes. Puis, en 2003, alors qu’elle se trouve aux Honduras, elle amorce un changement de cap. Dans les 4 années suivantes, elle se trouvera un chum, une maison et accouchera de deux enfants pour en être la mère a plein temps jusqu’en 2007. Ouf !
Faut maintenant passer aux choses sérieuses, se dit Anne Lespérance. Elle va donc ouvrir une boutique sur la rue Saint-Hubert : une boutique de vêtements et accessoires pour dames qu’elle baptise Belle et Rebelle. Étiquette verte, québécois, équitable. Anne axe son travail en essayant de satisfaire ces prémisses qui lui tiennent à cœur. De nouvelles incursions dans la Thaïlande qu’elle connaît bien pour y avoir précédemment acheté et négocié de belles choses. « C’étaient mes premiers pas dans le commerce » m’avoue-t-elle candidement. Les pièces de vêtements n’y sont pas chères et on y fait du business sans encombrements inutiles. Ajoutez l’ouverture de la Petite Rebelle, toujours sur Saint-Hubert en 2009 pour séparer le québécois de l’importation dans ses commerces. Voilà Anne Lespérance prête à revoir Fabrice Carrubba pour s’interroger : « On fait quelque chose ensemble ? ».
Les deux compères conviendront qu’une troisième boutique devrait forcément donner un peu d’espace aux hommes. Une fois le local trouvé, Fabrice s’est mis à l’œuvre pour la préparation des espaces et la décoration des lieux. Il n’avait pas fini lors de notre passage, le mur arrière ayant encore à recevoir les éléments de sa composition.
L’Appartement boutique, un nom étrange pour vendre des fringues. Mais pas tant que ça lorsqu’on apprend que l’appartement du second étage, autrefois habité par nul autre que Michel Tremblay dans son enfance, a été relié à la boutique du premier par un escalier métallique jaune en colimaçon. L’appartement sert actuellement de bureau mais Fabrice compte bien y mettre son talent de designer pour que les espaces deviennent des étals pour d’autres fringues tout en donnant l’impression au client qu’il se promène dans un… appartement. Et la boucle est bouclée.
Pour les vêtements d’hommes, Fabrice me mentionnera les maisons OOM, Trace, Encantandos et Studio 8. Anne rétorquera que les femmes peuvent choisir chez Jacynthe, Kelly Lane, Trendi, Schunfunk et Schwiing entre autres. J’ai aussi noté des boutons recyclés par Adi-Jito et du cuir recyclé Kazak. Des chapeaux d’autrefois, des ceintures recyclées et des T-Shirts magnifiques.
Les choses m’ont semblé se dérouler sans artifice chez l’Appartement boutique. Comme le dit Anne Lespérance, le secret réside ans le contact humain : avoir du plaisir dans son travail en considérant clients et fournisseurs comme des chums plutôt que des entités d’affaires. Et sachez que Fabrice et Anne ont bien hâte aux doux rayons de soleil du printemps pour amorcer leur première véritable saison complète dans le Plateau.
Les rafales de Fabrice
Au cinéma, il a été subjugué par Lord of the Ring. La musique de Radio Head et Manu Chao ça lui va. La bêtise humaine et la connerie le font grogner. Il relaxe pleinement en… moto. Il se défend bien au Volleyball. Dans une autre vie ? Proprio d’un bed and breakfast dans le Sud. Coups de cœur sur l’Avenue : Chez Normand et Le Verre Bouteille
Les rafales d’Anne
Au cinéma, elle m’avoue, en rougissant, son faible pour Histoire sans Fin. Daniel Bélanger et Richard Desjardins la comblent en musique. Les gens qui se prennent trop au sérieux… beurk ! Elle relaxe en lisant un magazine à potins… dans un bain chaud. Se tirait bien d’affaires au basketball. Dans une autre vie, assurément, elle serait en travail social. Le Verre Bouteille et Tony Pappas ont ses faveurs sur l’Avenue.
Texte et photos : Michel Danis








