La distillerie : un mix gagnant !

Le 6 juillet 2008, la Distillerie ouvrait ses portes au coin de l’Avenue du Mont-Royal et de la rue de Lorimier. David Poulin et Philippe Hamel ont poussé un grand soupir de soulagement . Succès instantané : il y a file presque tous les soirs depuis cette grande première !

Deux mois plus tôt, en mai 2008, l’acquisition du commerce mettait un terme à l’épopée d’une véritable institution du Plateau Mont-Royal : la Taverne Laperrière. Je vous rappelle quelques dates relatives à cet immeuble : 1907, le Café Théo y ouvre ses portes. En 1944, Majorique Laperrière ouvre la Taverne du même nom. En 1952, passation des pouvoirs à son fil Raymond. En 1970, remise des clés au petit-fils Robert et 1981, (ô scandale !) les femmes sont désormais admises dans la place. Bon ! Finie la nostalgie et place à la relève …

Philippe Hamel et David Poulain sont originaires de Saint-Jean-sur-Richelieu et se sont connus un peu avant la vingtaine, sur les planchers de bars comme serveurs. David dirige d’ailleurs les destinées du Café Le Flore à St-Jean.

De son côté, Philippe Hamel avait bien amorcé les techniques dentaires au Cégep Édouard-Montpetit mais le jeune homme avait besoin de bouger plus rapidement. Déjà en 2000, il développait sa passion pour les spiritueux et les cocktails, en mettant sur pied les Productions Atomix qui prodiguaient des conseils relativement à la façon optimale de garnir un bar en bouteilles et en mix de choix.

L’association initiale de ces deux conquérants s’est produite en 2005 pour la mise sur pied de la Distillerie # 1 sise au 300 Ontario Est, entre Saint-Denis et Saint-Laurent. Un bar qui fonctionne toujours et qui a servi d’exemple, en quelque sorte, pour l’avènement de la Distillerie # 2 sur l’Avenue du Mont-Royal.

Le mot Distillerie évoque au départ un petit côté marginal, voire illégal quand on pense aux années de la prohibition. Le décor du bistrot en témoigne avec l’omniprésence du vieux bois sur les murs, les planchers et sur cette tuyauterie qui se promène sur les hauts et les bas plafonds (avec une fonction additionnelle au décor : le chauffage et la ventilation « légale » de la place.).

On le disait plus tôt, la Distillerie s’avère fort populaire depuis ses premiers balbutiements. Les portes ouvrent à 16 heures et les clients tardifs doivent quitter à 3 heures du matin. Philippe Hamel, sans jouer au sociologue, situe cette clientèle dans le 18-35 ans et explique qu’une bonne portion provient de l’extérieur du quartier, voire même du 450... Mais la base est résolument « Plateau » et la musique se veut « rock, pop, éclectique, jazzy, mais sans électro ni Métal », pour employer la terminologie exacte du patron.

De nombreuses bières de micro-brasseries sont au menu de la Distillerie. Les réputés mix et cocktails sont tirés d’une liste contenant pas moins de 145 bouteilles ou essences différentes, disposées derrière le bar. Un exemple ? Je vous détaille le contenu de ce drink au nom exquis, l’Eau d’Égoût : GreyGoose (vodka), Navan (de la maison Grand Marnier), canneberges, réduction balsamique et zeste de lime. Comme quoi la poésie et l’alcool ont survécu à Verlaine et Rimbaud. On est loin de la taverne les amis !

Pas moins de 36 personnes travaillent à l’une ou l’autre des Distilleries de David et Philippe et tous ont reçu une formation de 90 heures requise pour faire partie du groupe. On m’a également parlé de la sécurité des lieux et de la présence permanente de deux « responsables » pour éviter les écarts de conduite et surtout, s’assurer que le voisinage ne soit pas incommodé.

La vie de tenancier de bar, pour Philippe Hamel, c’est surtout la chance de côtoyer une clientèle qui vient relaxer et décompresser en communiquant avec son entourage. Servir les gens en leur imprimant un élan positif pour conclure leur journée. Parler aux gens, mais surtout les écouter …en toute complicité.

En rafales …

En cinéma, il a bien aimé The Power of One, un film touchant l’apartheid.

En musique, presque sans hésitation, il m’a nommé Clash : le dernier album de Dave Mathew’s Band

Il rage à la vue d’un politicien

Il s’éclate à la campagne au volant d’un 4 X 4 ou d’un Ski-Doo

Côté sport, il se débrouillait assez bien en hockey et en basket. Aujourd’hui, le ski alpin a ses faveurs.

Dans une autre vie, il se verrait bien chef cuisinier ou designer intérieur.

Coup de cœur sur l’Avenue : la boulangerie les Co’Pains d’Abord

Texte et photo : Michel Danis

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