Avril 2009. Deux copines, deux bonnes amies. Elles plongent. Après quelques mois de recherches, elles trouvent ce local au 35 est de l’avenue du Mont-Royal et signent. Une belle adresse, à peine 30 mètres de l’intersection des rues les plus effervescentes de la ville. Les Épinards ont pignon sur rue. Alice et Gaëlle vont … livrer la marchandise : un resto cool et un fournisseur de « prêt-à-manger » apprécié et recherché.
Mais revenons en arrière, si vous le permettez, et retrouvons les origines de ces deux filles dynamiques.
Gaëlle Bourdeau arrive sur terre en 1969, en plein Plateau Mont-Royal. Elle y fera ses études qu’elle complétera en 1994 à la faculté de Droit de l’Université de Montréal. Une avocate donc, qui se spécialisera en droit du travail au sein d’une grande firme et ce, pour une dizaine d’années.
Alice Kabagabo a vu le jour en 1966 au Rwanda au sein d’une famille qui compte pas moins de 16 enfants. Elle arrivera au Québec en 1980 à … Sainte-Anne-de-la-Pérade ! On peut parler ici de dépaysement total que la jeune femme saura transformer en succès, vous le verrez bien. Cegep du Vieux-Montréal et les sciences politiques qu’elle ne complétera pas : elle va ouvrir une garderie dans … le Plateau Mont-Royal et la dirigera pendant huit années.
Le nouveau millénaire est bien entamé et Gaëlle exprime sa passion pour le chocolat. Elle en vend même sur internet. De son côté, Alice brasse aussi des affaires comme traiteur … pour enfants, parallèlement à sa garderie. Les deux filles se connaissant depuis quelques années, elles s’associent en 2006 pour écouler leurs productions plus efficacement dans leurs réseaux et auprès des amis.
En 2008, les affaires avancent bien et le concept « alimentaire » se développe pour devenir ce que les filles désignent comme du « prêt-à-manger » plutôt que des services de traiteur. Avec l’accent mis sur la cuisine-santé, des produits locaux en saison, pas de chimique, pas d’additifs. Alice et Gaëlle me parlent de cuisine-maison à prix abordables. Allons y voir …
Avril 2009 disions-nous pour l’ouverture officielle des Épinards. Une aire de service très vitrée permettant une abondance de lumière naturelle sans pour autant causer l’éblouissement. Peu de chaises libres le mardi midi de ma visite. Menu à la craie sur tableau noir. Même les vins d’importation privée y figurent avec leur longue dénomination et leurs prix définitivement abordables (le chroniqueur vous l’affirme).
Observons le menu : des soupes ($4), des salades ($4 @ $6) et des sandwichs ($6 @ $7.50), ces derniers composés avec une miche, une baguette ou un ciabatta. J’ai aussi remarqué ce tajine poulet et amandes pour $12.
Simplement pour vous mettre l’eau à la bouche (ou vous faire baver d’envie !), je vous décris deux de ces sandwichs au menu :
Miche au confit de canard, luzerne et tapenade d’olives et amandes.
Ciabatta au poulet, tomates séchées, Oka, noisettes, sauge et mesclun.
Convaincus ?
Les plats changent chaque semaine. Le menu est élaboré et dévoilé le vendredi pour la semaine suivante et le site lesepinards.ca vous en informe la journée même. De cette façon, la clientèle peut aller chercher ses choix en les réservant ou même, depuis peu, pour livraison. J’oubliais ! Les Épinards préparent également quelques plats pour votre congélateur : lasagnes, bœuf bourguignon et chili con carné. Et je m’en voudrais d’oublier les chocolats de Gaëlle …
Je vous mentionnais plus tôt ces vins d’importation privée, en association avec l’équipe de PlanVin qui ont choisi de promouvoir la production de petits viticulteurs français . La carte des Épinards offre 6 blancs, 6 rouges et un rosé. On peut également y déguster la bière des Trois Mousquetaires produite par de jeunes (encore !) brasseurs de Brossard.
Les restauratrices me confient que la clientèle des bureaux avoisinants s’est montrée enchantée de cette offre alimentaire différente du voisinage et représente une portion intéressante du chiffre d’affaires.
Une belle équipe : Gaëlle, dont la grand-mère et le père oeuvraient dans la restauration, assure le fonctionnement et l’efficacité de la cuisine alors qu’Alice, qui a toujours aimé recevoir (une caractéristique innée dans une famille aussi nombreuse) assure les relations avec la clientèle et le développement du réseau. Les deux dames se sont pliées à … l’épreuve des rafales.
En rafales …
Au cinéma, Gaëlle a bien aimé Le goût des autres d’Agnès Jaoui
En musique, Gaëlle (encore elle !) ne se peut plus avec … Dalida !
Alice supporte très mal les retards.
Pour le côté relaxe : apéro de fin de journée pour Gaëlle et les soupers de filles pour Alice.
Sportivement, elles sont deux bonnes joggeuses (elles s’y sont connues).
Un autre métier dans une autre vie ? Gaëlle se verrait écuyère et Alice s’imagine ambassadrice.
Coup de cœur sur l’Avenue : Gaëlle apprécie la boutique Fêt’Art et Alice recommande le resto la Salle à Manger.
Texte et photo : Michel Danis





