Dans le quartier Rosemont, au milieu des années 1950, naquit le baby boomer Richard Scala. Suivez-moi, que je vous raconte le parcours d’un homme qui a touché le vêtement, la bourse et … la musique.
Rosemont, disions-nous. Comme plusieurs italiens, le père Scala est maître-tailleur et Richard, l’un des quatre enfants, fréquente les écoles du quartier. Il entrera au collège Vanier en administration pour ensuite compléter sa formation à l’université Concordia en marketing.
Comme tout bon étudiant en marketing fraîchement émoulu, Richard Scala amorce sa carrière au département des ventes de différentes compagnies dont Levi Strauss, une compagnie majeure dans le jeans. Suivront sept années comme courtier en valeurs mobilières, une avenue qu’il reluquait depuis plusieurs années. Sauf que, précise-t-il, ce ne fut pas sur le parquet de la Bourse à se débattre parmi les autres courtiers en gesticulant comme dans les films.
Arrive l’année 1989 et l’ouverture de la boutique SCALA au 826 de l’avenue. Un défi et un désir personnel d’ouvrir une boutique de vêtements pour homme. Le pari tient toujours, seize années plus tard.
Richard Scala admet qu’il a bénéficié d’un bon timing. Même si le mix des commerces n’était "pas terrible", la chose commençait à changer. Il note que la SIDAC de l’époque, bien administrée certes, a définitivement embrayé sur la haute vitesse avec l’arrivée de Michel Depatie aux commandes.
Sa clientèle ? Locale surtout, pas trop jeune (25-60), pas trop chic mais pas trop jeans, décontracté, pas vraiment tendance, un peu fantaisiste et jamais mononk ! C’est ce que nous avons déterminé comme étant le plus descriptif … J’y ai noté les marques Eccolo, 2BU (prononcez To be you) et Report.
Dans ses observations, Richard Scala note le développement du tourisme extérieur au quartier (peu de 450), mais aussi d’Europe et des Etats-Unis. Les américains perçoivent le quartier comme le Greenwich Village de Montréal, me disait-il.
Et la musique dans tout ça ? C’est en lui posant ma première question sur son disque préféré que tout est sorti. Richard Scala me désigne le disque sur le comptoir (en plusieurs exemplaires) : c’est mon band, North of Soul qu’il me dit. Un site Web présente le groupe http://www.northofsoul.com/index1.htm.
Il ne joue pas d’instrument et il ne chante pas. Mais alors quoi ? lui ai-je demandé. Richard Scala a PRODUIT ce CD de Soul et Rythm and Blues dont il m’a donné un exemplaire. Sa passion pour le Soul R&B lui a fait réunir des musiciens, des chanteurs et un arrangeur génial qui répond au nom de Libert Subirana dont les saxophones et la clarinette enrobaient jadis les vinyles du groupe Harmonium. Je vous avoue en avoir eu le souffle coupé et la bouche bée parce que Libert Subirana fut sans contredit un véritable héros de mon époque, disons … plus marginale...
Richard Scala assure également la gérance du groupe qui se produit dans différents événements, principalement à Toronto. Une première audition me confirme qu’il s’agit d’un CD d’atmosphères à écouter en temps de relaxation. Disponible à la boutique Scala, bien sûr, avec informations additionnelles sur http://www.northofsoul.com.
En rafales … En musique évidemment qu’il opte pour … North of Soul Au cinéma, "One flew over the Cuckoo’s Nest", ce avec quoi l’auteur de ces lignes est pleinement d’accord. Les conducteurs d’auto impolis et baveux lui rognent les nerfs Le plaisir des plaisirs : il en a trop, il cherche encore Débrouillard au hockey, au tennis et dans les arts martiaux Professionnel de tennis, il aurait bien apprécié. Les boutiques Farfelu et Cannelle sont ses coups de Cœur sur l’avenue.
Texte et photo : Michel Danis.






