Nous avons rencontré André Roy, l’un des fils à qui J. Omer remettait les guides de l’entreprise dans les années 50. Ayant lui-même retransmis les mêmes guides à son fils Normand en 1986, André Roy, malgré son âge vénérable, n’en demeure pas moins un retraité actif et sa mémoire redoutable nous a permis de revivre les années précédant l’arrivée de la Société de développement de l’Avenue du Mont-Royal, SDAMR (association qui représente les gens d’affaires de l’Avenue).
Fouillant dans ses souvenirs, monsieur Roy pointe d’abord un été des années 60 où l’avenue s’est transformé en immense chantier pour enfouir les fils électriques, les canalisations et arracher les "tracks de tramway". Un gros six mois qui s’est avéré un coup dur pour les marchands puisque la clientèle, partie ailleurs, y prenait de nouvelles habitudes.
Dans les années 70, André Roy pointe le célèbre et honteux weekend rouge où la grève des pompiers avait causé de nombreux sinistres dont sa propre bijouterie (mais oui) qui s’est retrouvée en cendres. Mais il se rappelle aussi cette allée piétonnière avec trottoirs élargis qui causait déjà des problèmes de stationnement. Une erreur incroyable, nous a-t-il avoué.
En nous racontant l’arrivée de la SDAMR Avenue du Mont-Royal en 1984, André Roy ne cache pas la grogne de certains commerçants qui percevaient davantage ce concept comme l’imposition d’une nouvelle taxe. Mais rapidement dit-il, les fruits ont commencé à sortir.
La plus importante contribution de la SDAMR fut de commander des études de marché pour attirer les catégories de commerces DEMANDÉS par le public. Auparavant, ça ne se faisait tout simplement pas et n’importe qui ouvrait n’importe quoi.
La cotisation annuelle pouvait paraître dispendieuse mais cette surveillance constante de l’évolution du marché s’est avérée "mauditement rentable", admet le semi-retraité.
André Roy mentionne un autre avantage à la cotisation obligatoire et c’est justement l’obligation de contribuer aux rénovations (façades, éclairage), aux promotions, aux publicités dans les médias et à la mise sur pied des foires commerciales. Sans cette perception à la source, il est persuadé que certains commerces ne débourseraient rien, se disant que, de toute façon, ils profiteraient de la manne et des changements malgré tout.
Avec sa visite hebdomadaire dans la bijouterie de son fils Normand, André Roy est à même de constater l’essor continuel de l’Avenue et il n’entrevoit pas son déclin, loin de là !
Texte : Michel Danis.







