Trouver le Point G …

En 1995, Thierry Andrieu roulait bien sa vie à Béziers dans le Languedoc. Entouré de Françoise et de leurs deux filles Agathe et Alice, il gagnait régulièrement les prix et médailles d’or dans différents concours tenus à Dijon, Paris ou Montpellier. Le maître-pâtissier, le glacier et le chocolatier collectionnait donc les honneurs et vivait bien ses succès.

Un jour, visionnant une émission sur le Québec avec un bûcheron en chemise rouge (authentique !), il lance à la volée « Allez les filles, on s’en va au Québec ». Il vend tout et traverse l’Atlantique une première fois pour atterrir à Montréal. À peine une année à explorer le marché à gauche et à droite : il entre au Casino de Montréal où il deviendra chef pendant une bonne douzaine d’années. Pas moins de 6,000 desserts par jour, 23 employés et 8 points de vente : c’est pas de la tarte, si vous me permettez cette facilité.

2005, dix ans plus tard, le deuxième élément des origines du Point G arrive à Montréal. Plus jeune, Julien Reignier n’en a pas moins fait ses classes pâtissières en se promenant autour du globe dans les Émirats Arabes, à Singapour et comme chef pâtissier dans un restaurant de … Paul Bocuse à Lyon. Rien de moins. Une entrée au Casino sous les ordres de Thierry et les atomes crochus forgent une camaraderie et une solide amitié chez les deux pâtissiers désormais québécois.

Maintenant, vous voyez venir l’association qui fera naître le Point G sur l’Avenue du Mont-Royal et son ouverture officielle le 18 juin 2008. Quarante-cinq années d’expérience cumulées ! Julien m’avouera avec du brillant dans l’œil que le Point G se veut l’alliance d’un Vieux Fou et d’un Jeune Sage. J’ai bien aimé cette formule et je la confirme après cette entrevue menée dans le brouhaha provoqué par les clients qui entrent et qui sortent, l’ébéniste venu modifier la disposition des comptoirs, un éventuel acheteur de macarons en gros et … les autres.

Bon ! Allons-y maintenant gaiement avec ces macarons multicolores aux essences alléchantes : les petits gâteaux ronds secs avec pâte d’amande, blancs d’œuf et sucre avec l’intérieur ramolli. Comme les hommes, suggérera Thierry : durs en dehors et tendres en dedans. Amande et framboise, coquelicot, clémentine et chocolat, poire et gingembre, Pina Colada, caramel et fleur de sel : l’occasion rêvée pour découvrir … le point G.

Du côté des glaces, l’originalité se veut également au rendez-vous : ananas-basilic, érable et pacanes caramélisées, yogourt de lait de brebis et sureau sauvage, litchi-framboise, bleuet sauvage, Mohito, abricot rôti et romarin. À voix basse et sans bomber le torse, Julien me confiait que son ambition secrète vise à faire du Point G la glacerie par excellence à Montréal. Il est conscient que la marche est haute mais confiant aussi dans son talent et celui de Thierry. D’ailleurs, avec à peine six mois d’existence, les deux lascars du Point G ont déjà deux prix dans leur besace : la Fourchette d’Or « Les Urbaines » pour le meilleur macaron en ville et une Médaille d’Or Plat des Chefs avec la réputée traiteure Denise Cornellier pour un Surf and Turf de crabe nappé avec cette fameuse glace au foie gras sur crème de topinambour.

La crème glacée au foie gras. Une invention de Thierry et Julien. Faite maison bien sûr, on ne parle pas ici de saveur de foie gras. CINQUANTE % de cette merveilleuse mixture provient d’un torchon de pur foie gras que les deux glaciers ont emballé de crème, de glace et de leur savoir-faire. J’ai goûté : un pur délice, surprenant par son froid mais qui, appliqué et fondu sur un steak, un risotto, des asperges ou un craquelin s’avère tout simplement extra. Le pot ($25) se conservant facilement au congélateur pendant six mois, vous pouvez commencez à imaginer les mignardises que vous offrirez à vos convives pour ce convivial repas des Fêtes.

Des gaufres salées ou sucrées, des tartines de noisette maison, du chocolat haut de gamme avec les pastilles de Cacao Barry, des crèmes brûlées à la tire d’érable : telles sont les autres gâteries du Point G. Les bonbons s’en viennent m’assure Thierry.

En passant sur l’avenue, vous aurez sûrement en tête une occasion à souligner ou une personne à choyer pour vous permettre le péché du Point G.

En rafales (pour Julien) :

  • Musique : Il avoue être sensible au disco et jouer John Travolta à l’occasion
  • Cinéma : BraveHeart mettant en vedette Mel Gibson
  • Sport : Il a bien aimé l’équitation et aimerait bien s’y remettre
  • Ce qui lui tape sur les nerfs : son associé (avec clin d’œil)
  • Son plaisir : sans hésitation, le voyage
  • Autre métier : dans une autre vie, il se verrait … acteur
  • Coup de cœur : les voisines et leur Diabolissimo

Texte : Michel Danis ; Photos fournies par Le Point G

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