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Action Terroriste Socialement Acceptable

Vous admettrez que le nom adopté par ce groupe d’artistes atteint l’objectif d’attirer l’attention du grand public. D’autant que, pris dans son ensemble, il correspond assez bien à l’ensemble des « actions » menées par ses membre depuis sa fondation en 1997.

Il fallait voir leur Squat Polaire sur l’avenue du Mont-Royal pendant le long weekend de Nuit blanche sur Tableau Noir 2007 : une vieille roulotte toute déglinguée, installée « tout croche » au coin de la rue Mentana. La roulotte était squattée par… des ours polaires qui n’ont presque plus de place dans leur cercle polaire.

Dans cette roulotte, outre les trois ours, régnait un désordre savamment reproduit : bouteilles de bière vides, assiettes de frites froides, jouets brisés, kleenex, linge sale, vieux pneus et autres cochonneries. Mais aussi et surtout une multitude de dépliants et de tracts traînant Ã§a et là sur le plancher.

Sommes-nous devenus insensibles aux alertes ?

Des tracts qui traitaient tous d’environnement et plus particulièrement du réchauffement climatique. Que ce soit ceux d’Hydro-Québec, de Greenpeace ou d’autres groupes de pression. Tout ça pour signifier l’avalanche d’information sur le sujet. Sommes-nous submergés par ces infos alarmantes ? Sommes-nous devenus insensibles aux alertes suite à ces innombrables coups d’alarme ? Les auteurs de cette Å“uvre frappante nous parlent d’inertie ambiante. « On sait beaucoup de choses, affirmait Annie Roy dans un récent reportage de La Presse. On en parle, ça nous intéresse, mais nous sommes tous un peu saoûlés par tout ça. Notre Å“uvre d’art, ça se veut une critique de cet amoncellement d’information ».

Annie Roy est née à Montréal en 1968 (était-ce prémonitoire, considérant le mois de Mai de cette année charnière ?). Très jeune, elle a vécu quelques années au Maroc pour « surveiller » ses parents oeuvrant en coopération internationale. De retour dans sa ville natale, elle a orienté ses études en arts, avec un faible avoué pour la danse.

En 1997, elle fait la rencontre de Pierre Allard, artiste spécialisé en arts de la rue, avec qui elle formera « un couple dans la vie et dans les arts ». De leurs discussions artistiques initiales est ressorti leur souci face à la détérioration dite irrémédiable de notre environnement. Passant de la parole aux actes, ils ont donc fondé cette fameuse ATSA qui depuis, fait parler d’elle par des « coups fumants » originaux qui laissent leur marque dans nos têtes en combinant l’art avec la revendication.

Des interventions géniales

Parmi ces interventions géniales, mentionnons cette complicité avec les citoyens-acolytes avec la distribution de Contraventions Vertes pour remettre « poliment » des constats d’infraction aux propriétaires de grosses cylindrées consommatrices excessives d’essence. Je pense aussi à Zone Épineuse (2002) pour la précarité des patrimoines écologiques, à la Banque à Bas mais aussi et surtout cet État d’Urgence, en collaboration avec le Musée d’Art Contemporain et les Forces Armées Canadiennes (si, si !) pour l’établissement, en 1998, d’un Camp de Réfugiés (5 journées) pour … les itinérants de Montréal. Des États d’Urgence qui se répètent chaque année depuis.

On obtiendra davantage d’informations sur le site Internet de l’Atsa http://www.atsa.ca. Un site fort instructif MAIS … car il y a toujours un MAIS … il vous faudra AGIR par la suite.

Je termine en vous citant Annie Roy et sa réaction devant le plan de développement durable avancé par la SDAMR : « Oui, en intégrant pour la première fois une avenue commerçante à une vision de développement durable, nous pourrons sérieusement dire que l’humanité a des chances non pas de survivre au détriment de ce que lui a donné la vie, mais de vivre et de s’épanouir en harmonie ! Longue vie à cet élan crucial et surtout, surtout, qu’il ait beaucoup d’enfants ! ».

Texte et photo : Michel Danis.