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Chez Victoire : une étoile délicieuse sur l’Avenue

Edward Zaki, le chef Alexandre Gosselin et la sommelière Sindie Goineau ont efficacement croisé leurs talents pour doter l’avenue du Mont-Royal d’un bijou de la bouffe locale, originale et abordable.
Le restaurant-bistro Chez Victoire (1453 AMR) fait partie de cette liste prestigieuse de restos du Plateau qui contribuent efficacement à la renommée de Montréal comme destination nord-américaine des grandes villes branchées sur la gastronomie. 

Vers le milieu des années 60, Edward Zaki poussait son cri primal dans la grande ville d’Alexandrie en Égypte. Écoles jésuites françaises, puis, à 17 ans, le jeune homme se lance dans un grand défi : partir seul pour compléter ses études en français en … Amérique du Nord ! Destination évidente : Montréal en 1985. Cegep Saint-Laurent. puis un Baccalauréat complété en 1989 à l’École des Hautes Études Commerciales (HEC). Et … la carrière s’amorce.

Après un bref séjour chez C Corp (Provigo), Edward Zaki plonge dans l’achat d’une franchise Provi-Soir rue Saint-Jacques, y ajoutant une section prêt-à-manger. En 1993, il poursuit sa route avec une deuxième franchise à Côte-St-Luc, tout en mettant sur pied une Maison pour personnes âgées. Puis … un retour en Égypte (1996-2000) ou il ouvrira quatre restos-traiteurs. La bougeotte vous dites ?

Revenu à Montréal, il se concentre sur la gestion d’une épicerie à Hudson puis, en 2004, il inaugure le resto Confusion sur Saint-Denis (qu’il a récemment vendu) sans oublier le Vertige (rue Duluth) au démarrage duquel il participait en 2005. Cette frénésie l’a finalement conduit à la mise sur pied de cette cuisine actuelle appréciée Chez Victoire, inaugurée précisément le 20 mai 2010 dans les anciens locaux du Pistou. Associé au chef Alexandre Gosselin, à la sommelière Sindie Goineau et au dynamique et efficace groupe de l’HyperTaverne, Edward Zaki m’a impressionné par son calme reposant lors de notre brève rencontre.

La porte est ouverte et nous entrons Chez Victoire pour visualiser ce long, très long bar jusqu’au fond de la pièce, en parallèle à cette lignée de tables dans un décor sobre, mais chic et sans artifice agaçant, sous un plafond très élevé. Je ne vous parlerai pas de l’ambiance puisque j’y suis allé en avant-midi alors que le service s’active de 17 heures à minuit.  Edward Zaki m’a simplement décrit cette clientèle issue principalement du voisinage, branchée et joyeuse, avec son lot d’artistes (médiatisés ou non), ces gens d’affaires locaux et ces gourmands anonymes qui reviennent régulièrement s’y régaler.

Et le menu ! Vous trouverez les détails de la liste des plats que vous présente l’équipe d’Edward Zaki sur le sitechezvictoire.com. N’étant pas un spécialiste de la dégustation, je me contenterai de vous dire que plusieurs critiques réputés (parfois sévères mais avant tout honnêtes) ont été vivement impressionnés par la cuisine d’Alexandre Gosselin, un chef ‘’qui sait faire éclater les idées reçues avec des combinaisons de saveurs inédites’’. Question de vous mettre l’eau à la bouche, j’ai demandé au patron de dévoiler les plats les plus convoités dans chacune des catégories :

En entrée : Salade de tomate et Mozzarella di Buffala (Québec-Italie) – Basilic, jeune fève de soya, noix de pin, pain fumé.

Plat principal : Pavé de foie de veau de lait (Région de Charlevoix, Québec) – Polenta rustique mascarpone et oignon caramélisé, bacon, mini courgette, sauce vin rouge.

Au dessert : Moelleux au chocolat 72% - Glace menthe, compote de cerise, grué de cacao.

Le site web vous indiquera également des spéciaux type 3 services pour $40, 4 services pour $50 ou encore 6 services pour $50. Sans oublier cette originalité pour les couche-tard : à compter de 22 heures, pour $25, on vous offre : 1 entrée + 1 plat ou bien 1 plat + 1 dessert. Les cooks s’éclatent – Ils ont carte blanche !

D’ailleurs, le chef Alexandre Gosselin affiche un parcours impressionnant. Diplômé de l’ITHQ, il a fait ses stages en Europe auprès de Paul Bocuse et Alain Chapel. Sous-chef chez Anise, Europea et Leméac, il a poursuivi son parcours comme chef des restaurants Ô Chalet, Le Local, sans oublier le Bar & Bœuf. Il aime la nouveauté en avouant : ‘’Pour moi, la cuisine doit être un défi permanent. Quand je suis trop à l’aise avec un plat, je le retire du menu pour me pousser à préparer quelque chose de plus intéressant encore’’.

Sindie Goineau, la sommelière saura vous conseiller avec plus d’une cinquantaine de vins rouges, presqu’autant de blancs et une douzaine de … bulles, sans oublier les liquoreux Sauternes ou Muscat, vins de glace (rouge ou blanc), le cidre de glace ou cet intrigant vin de Miel issu de Ferme-Neuve dans les Hautes-Laurentides …

Pas moins de 25 personnes s’activent Chez Victoire pour bien rythmer le service, dont une bonne dizaine dans la cuisine. À n’en point douter, vous y serez entre bonnes mains.

Mais j’y pense ! Connaissez-vous cette chère Victoire ? Il s’agit d’un clin d’œil à cette vieille dame de la rue Fabre qui se promenait parmi les personnages de plusieurs romans de Michel Tremblay.

Avant d’accéder aux rafales d’Edward Zaki, je me permets de vous souligner la récente ouverture de son autre restaurant sur la rue Laurier : le Barbounya qui présente les délices de la cheffe Fisun Ercan inspirée par la Méditerranée et la Turquie.

En rafales

  • N’étant vraiment pas cinéphile, Edward m’a plutôt indiqué un livre majeur pour son esprit : Le Prophète de Khalil Gibran.
  • En musique, il opte pour ‘’la vieille chanson française’’, notamment Georges Moustaki.
  • Les gens qui parlent trop … d’argent, ça l’irrite !
  • Il relaxe pleinement en observant … la mer.
  • Sportivement, il jogge presque tous les jours et pratique encore le tennis.
  • Dans une autre vie, il se verrait performer en … justice. Le droit !
  • Son coup de cœur sur l’Avenue se dirige (sans surprise) vers Edgar, l’HyperTaverne …