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La Maison du rôti

Michel Legrand est né au Québec … de justesse. En fait, il est arrivé sur terre en 1958, l’année où ses parents nous arrivaient de France avec leur fils Philippe à peine âgé de deux ans. 
Aujourd’hui, les frangins dirigent la Maison du Rôti, une entreprise qui a le vent dans les voiles et dont on ne soupçonne guère l’importance.
 
Originaires de St-Quentin dans le nord de la France, Gilbert et Raymonde Legrand ont fait le grand saut au Québec durant les dernières années du régime Duplessis. À peine installés, ils furent donc témoins des soubresauts et de l’effervescence de la Révolution Tranquille. En 1969, mettant leurs connaissances à profit, ils lançaient donc la Maison du Rôti au 1969 (le hasard) de l’Avenue Mont-Royal.
 
C’est en 1980 que leurs fils Philippe et Michel prennent le volant de l’entreprise. En 1985, l’îlot central caractéristique des lieux est mis sur pied. En 1995, les comptoirs et la façade sont réaménagés et en 2002, la superficie est doublée suite à l’acquisition du commerce voisin. Puis en mars 2007, le drame : l’incendie majeur qui rase le commerce. Michel Legrand se rappelle avec émotions que le lendemain de cette épreuve, TOUS les employés étaient à l’œuvre dans les décombres pour le début du nettoyage ! Sept mois plus tard, la ré-ouverture de la Maison du Rôti avait lieu.
 
Boucherie et charcuterie haut de gamme, se dit-on en entrant dans les lieux. Les étals présentent, outre les viandes et charcuteries en coupes standards, une série impressionnante de Produits Maisons variés : fond de volaille, sauces, soupes, fêves au lard, ratatouilles, tourtières, quiches, pâtés, mousses, foies gras et autres gourmandises, sans oublier la viande chevaline, le gibier, les poulets dodus et dorés et les viandes bio demandées par une clientèle sélective. J’y ai même détecté une huile au parmesan concoctée et développée ici même. De la haute voltige !
 
J’ai aussi aperçu, dans la section des fromages fins, le rarissime Valbert de la famille Lehman. Au comptoir des cafés en grains : une trentaine de variétés dont plus de la moitié ont la certification équitable. La Maison du Rôti présente aussi un comptoir de sandwichs faits sur demande qui comble en grande partie l’appétit vorace des étudiants d’une école voisine et des travailleurs qui dînent sur le pouce.
 
Mais il y a plus et on ne le voit guère. À l’arrière de la charcuterie, derrière les portes et au sous-sol, j’y ai découvert une véritable ruche de travail. Pas moins de 75 employés font rouler la Maison du Rôti 24 heures par jour, sept jours par semaine. C’est que, (le saviez-vous ?), la Maison du Rôti se veut également le fournisseur de pas moins de 300 hôtels, institutions et restaurants de la ville ! On y tire 60% du chiffre d’affaires.
 
Section entrepôt, section boucherie, section charcuterie, section cuisson et salles des machines : autant de pièces, à propreté nickel, où s’affairent quelques dizaines de toques et résilles, en fonction de l’espace dessiné par l’architecte qui sommeille en Philippe Legrand.
 
L’énergie est facilement palpable au sein du personnel dirigé par monsieur William, un acolyte des frères Legrand qui les accompagne depuis près de 30 ans comme boucher en chef, m’a-t-il permis de le qualifier.
 
La Maison du Rôti a également su s’impliquer dans le quartier. Je me souviens personnellement de nombreuses et généreuses collaborations lors des inaugurations ou rassemblements d’Éco-quartier de Lorimier avec les résidents des ruelles avoisinantes. Du bien bon monde . . .
 
À l’approche des Fêtes, les frères Legrand ont conclu une entente avec une ferme québécoise garantissant l’approvisionnement de 600 dindes de grains fraîches. Allez-y de votre réservation …
 

En rafales :

  • Au cinéma, Rocky l’a bien amusé.
  • Les retardataires et les « téteux » l’énervent.
  • Souper et bon vin dans un resto : il y relaxe.
  • Il adore (et fait !) des courses de karting avec son fils.
  • Dans une autre vie, il aimerait être mécanicien de voitures.
  • Ses coups de cœur sur l’avenue vont au resto Le Pistou et la Maison de souliers Tony Pappas.
Texte et photo : Michel Danis