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Pignon sur roues

Il y a un peu plus d’un quart de siècle, la famille Lalonde s’installait dans le monde du vélo et ce, en plein Plateau-Mont-Royal.
C’est en 1985 que les frères Marc-André, Robert, Patrice et Sylvain mettaient en branle ce commerce magnifiquement baptisé Pignon sur roues. Aujourd’hui, Patrice et Sylvain sont toujours aux commandes et je les ai rencontrés, par un curieux hasard, le jour du retour des Bixis dans les rues de la ville…
 
En entrant chez Pignon sur roues, je suis resté figé. La vitrine bloquant la vue de l’intérieur, je ne m’attendais point à ces deux grandes allées ornées de plusieurs dizaines de vélos accrochés dans les hauteurs, le tout se terminant par le grand atelier situé à l’arrière du commerce. L’endroit est beaucoup plus vaste que l’extérieur nous permet de l’imaginer. Et les vélocipèdes s’y promènent allègrement…
 
Les frères Lalonde ont amorcé leur belle histoire commerciale sur la rue Laurier, me précise Sylvain. Pour ces débuts, les vélos usagés (achat et vente) et les articles multi-sports garnissaient les étalages. Face à l’essor du vélo sur le Plateau et en marge d’événements populaires comme le Tour de l’Île, les frères seront incités à miser davantage sur ce sport. En se portant acquéreurs, dès 1986, d’un magasin de vélos qu’ils incorporeront alors à leur boutique, c’est sur la rue Papineau, à partir de 1990, qu’ils s’installeront pour répondre aux besoins grandissants de leur clientèle.
 
En 1995, un déménagement s’effectue au 1308 de l’avenue du Mont-Royal et désormais, les frères Lalonde vont se concentrer exclusivement sur le vélo, quasiment devenu l’emblème du quartier. Ça tombe bien, les gens en redemandent !
 
Malgré une solide compétition (une bonne dizaine de boutiques dans les 15 Km autour), Pignon sur roues a su y développer sa clientèle et la fidéliser. Pignon sur roues n’est pas élitiste, qu’on se le dise ! On y sert joyeusement une clientèle familiale comme cet enfant souriant devant son premier tricycle et qui achètera lui-même son vélo quinze années plus tard.
 
Mais on y sert aussi le pédaleur aguerri ou encore l’entêté qui pédale même en hiver. D’ailleurs, la boutique est ouverte 12 mois par année, y compris l’atelier où les techniciens réparent, modifient et améliorent vos machines peu importe la saison. Sylvain Lalonde affirme que nous serions tous surpris par le nombre d’adeptes et pratiquants du vélo d’hiver.
 
Les prix varient forcément. Pour un tricycle à $60, les vélos se détailleront dans une fourchette de $300 à $3000, dans une centaine de modèles en y incluant les couleurs. À cette offre de base s’ajoutent de nombreux accessoires et vêtements pour toutes les bourses. On parle ici des casques (bien sûr), des paniers (pour l’efficacité), des odomètres (minuscules, modernes et efficaces), des bidons (pas des gourdes, insiste Sylvain !), des cadenas, porte-bagages, garde-boue, sièges de bébé, remorques pour enfants, sans oublier les gants, maillots, cuissards, et coupe-vent. Alouette ! Sylvain me parlera même de ce sac à dos qui s’avère plutôt un… sac d’hydratation pour abreuver les vrais mordus ! On trouvera plus d’information sur les produits, l’atelier et l’entreposage sur le site pignonsurroues.com.
 
Dans le gros froid de l’hiver, trois ou quatre employés y servent la clientèle. Dans la haute période estivale, jusqu’à neuf personnes sur le registre des salaires. Sylvain Lalonde compte davantage sur l’aspect conseiller que vendeur de ses collègues. Fidéliser la clientèle et nourrir sa passion du vélo.
 
Nous avons terminé cette rencontre en discutant de l’impact du Bixi sur le marché du vélo. Sylvain Lalonde y voit une très bonne initiative pour augmenter le côté vert de Montréal et la forme physique de ses résidants. Bien sûr, elle a fait très mal aux commerces basés sur la location des vélos. Un peu moins sur les boutiques comme Pignon sur roues puisque, il faut bien le dire, le Bixi a quand même ses limites et les fervents adeptes ne sauraient s’en contenter. Il y voit même un autre côté positif en constatant qu’en amenant de nouveaux adeptes à la pratique du vélo, plusieurs de ces nouveaux initiés vont en venir aux vélos de qualité pour satisfaire leur nouvelle passion.
 

Les rafales

  • Pour le cinéma, Sylvain me nommera C.R.A.Z.Y et Le Parrain et Patrice optera pour Cinéma Paradiso et Forrest Gump.
  • En musique, l’aîné Sylvain me nommera sans hésiter les Beatles alors que le cadet Patrice me nommera… les Beatles… par procuration.
  • Sylvain n’aime pas les prétentieux alors que l’intolérance indispose Patrice.
  • Pour relaxer, les deux frères pensent à la terrasse du samedi soir, alors que Sylvain goûte ses petites lampées de bières spéciales et Patrice y préfère le vin.
  • Les deux frérots ont excellé au… hockey !
  • Dans une autre vie, Sylvain se verrait écrivain ou musicien alors que Patrice s’imagine facilement en chroniqueur en vins ou en rédacteur.
  • Pour les coups de cœur sur l’Avenue, Sylvain aime bien le Bistro ETC alors que Patrice apprécie les bons services de la boutique de chaussures Tony Pappas.
 
Texte et photos : Michel Danis