Sur le Plateau, l’origine du nom de certaines rues est fort connue. Qu’on pense à "Papineau" (Louis-Joseph), "Iberville" (Pierre Lemoyne de), "de Lorimier" (François-Marie-Thomas Chevalier de), "Christophe-Colomb" (le grand découvreur), "Laurier" (sir Wilfrid), "Cartier" (George-Étienne le PM et non Jacques), ou encore la grande avenue qui commence au pied du Mont-Royal. Mais qu’en est-il des autres ?
Commençons la tournée avec le notaire Jean-Marie Cadieux, un riche propriétaire qui fit lotir sa vaste terre et laissa de nombreuses traces dans le Plateau, en commençant par sa fille "Rachel" (1814-1879), son épouse Marguerite "Roy " (1787-1857), sa belle-soeur "Marie-Anne" qui elle, était l’épouse d’Hyppolite "Cherrier". Étrangement, il n’y a pas de rue Cadieux à Montréal. Humilité ?
Connaissez-vous Charles "Garnier" (1613-1649) ? Trente-six ans, c’est jeune pour mourir. Ce jeune missionnaire jésuite fut assassiné par les Iroquois, en même temps que son collègue Jean "de Brébeuf" (1593-1649). Un autre jésuite, Jacques "Marquette" (1637-1675), découvrit le Mississippi avec Louis Joliet, deux ans avant de mourir.
Ah les saints ! Claude Robulet, sieur de "Saint-André" est arrivé ici en 1633 avec la grande recrue des 100 colons. La célèbre rue "Saint-Denis" fut nommée en l’honneur du saint-patron de Denis Viger (1741-1805). Le volet religieux se termine avec la rue "Saint-Hubert"suite à la cession d’un terrain à la ville par Hubert-Joseph Lacroix (1743-1821).
Connaissez-vous Daniel Greysolon, sieur "du Luth" (1639-1710) qui fut coureur des bois et explorateur jusqu’au Minnesota où une ville porte son nom ? Ou encore Louis "Parthenay" (1765-1834) qui céda une bande de terre pour l’ouverture de la rue Parthenais, tout comme George "Fullum" en 1847 ? Quant à Christophe"Messier", il fut maire du village de Lorimier de 1890 à 1909.
Troilus de Mergouez, marquis "de La Roche" (1540-1606) était le deuxième lieutenant du Roi en Nouvelle-France. Il est arrivé ici avec 60 repris de justice. Craignant leur désertion, ce salopard les déposa sur l’Île de Sable où il revint les chercher 5 ans plus tard. Douze avaient survécu.
Le premier millionnaire canadien-français se nommait Joseph "Masson" (1791-1847). Le plus riche québécois de la première moitié du 19ième siècle était négociant, seigneur de Terrebonne et conseiller législatif.
On a mal retranscrit le nom de Joseph Guibord (1804-1869), un imprimeur de Montréal, pour désigner la rue "Gilford". Jean-Baptiste Lemoyne "de Bienville" (1680-1768) a fondé la nouvelle-Orléans avec son frérot d’Iberville. L’architecte Jean-Zéphirin "Resther" (1857-1910) a construit le pensionnat St-Basile devenu la Maison de la Culture Mont-Royal.
J.-Adolphe "Chapleau" fut premier ministre du Québec de 1879 à 1882, puis lieutenant-gouverneur (étrange non ?). Le père d’Édouard-Charles "Fabre" (1827-1896) fut élu maire de Montréal en 1849. Charles-François "de Lanaudière" (1710-1776) était le fils de Madeleine de Verchères. Pous sa part, Esprit-Anadet "Généreux" était un homme d’affaires, échevin du quartier Centre.
Finissons cette tournée du Plateau avec la rue "Mentana" dont le nom est attribuable au petit village d’Italie où les soldats pontificaux français ont battu le méchant Garibaldi.
Tous ces renseignements figurent dans : « Les rues de Montréal – Répertoire historique – 1995 – Édition du méridien », disponible dans toute bonne bibliothèque.
Texte : Michel Danis







