L’avenue du Mont-Royal est depuis toujours l’âme du Plateau Mont-Royal. Reconnue comme le berceau de l’univers de Michel Tremblay, l’avenue occupe une place privilégiée dans l’histoire montréalaise.
Depuis le milieu des années 1800, cette rue de quartier, située à cheval entre le village De Lorimier et le hameau du Coteau-Saint-Louis, joue un rôle de premier plan dans le quotidien de ses résidants. Voici donc, en quelques lignes, la belle histoire de l’avenue du Mont-Royal.
1889. L’avenue compte neuf maisons. Elles sont réparties entre St-Denis et Papineau. On y trouve le laitier Louis Lapierre, le cordonnier Joseph Hétu et l’ouvrier Jérémie Hétu, le charretier Joseph Germain, le laitier Prudent Saint-Pierre et enfin, la maison de Jean-Louis Barré, celle où les Pères du Très-St-Sacrement furent logés en 1890(1).
À l’été 1910, on pave l’avenue, on y aménage des trottoirs et on y installe des lampadaires. Ouverture de nouveaux commerces à l’est de Papineau dont deux banques.
1920. C’est le début du règne des commerces à « grandes surfaces ». Les magasins à rayons comme Woolworth et Métropolitain s’implantent entre Garnier et Papineau.
Les marchands se dotent du Festival du commerce avec pour thème « Le progrès dans le commerce sur la rue Mont-Royal ». Les marchands sont désireux de répondre aux besoins croissants d’une clientèle toujours de plus en plus nombreuse. Ce festival attire 100 000 spectateurs. L’avenue est florissante malgré la fin de la Grande Dépression.
1950. L’avenue vit une grande période de prospérité. Elle est même « l’égale » de la rue Sainte-Catherine.
1959. L’avenue est fermée à la circulation pendant cinq mois. On effectue d’importants travaux au réseau de gaz naturel. L’avenue paie très cher pour ces rénovations. La clientèle déserte le coin et l’avenue perd de son prestige.
Les années 60 et 70 font vivre aux commerçants une stagnation commerciale. L’avenue décline tandis que les gens déménagent en banlieue et fréquentent les centres commerciaux.
Années 80. La population du Plateau change en devenant plus jeune et plus scolarisée. L’avenue et le quartier sont marginalement courus. C’est un îlot au milieu de la ville. C’est calme et sympathique à l’image de ses résidants. De plus on trouve de tout, à proximité.
En 1992, l’avenue s’inscrit dans le cadre d’un long processus de revitalisation. Plusieurs commerçants profitent de l’occasion pour redorer la façade et l’intérieur de leur établissement redonnant ainsi un second souffle à l’avenue(2). Elle est plus attrayante, accueillante et rayonne à l’échelle provinciale.
2002. L’avenue est reconnue comme étant un lieu en effervescence par son implication dans la vie artistique, économique et communautaire du quartier. Elle compte près de 500 marchands et professionnels desservant une vaste clientèle en leur offrant plaisirs de la vie, coups de tête, mode de vie et gourmandises.








