Le monopole qu’exerce Montréal sur la culture française en Amérique du Nord lui a permis de se tailler une place remarquée parmi les autres grandes villes du monde. Mais c’est avant tout sa diversité et la vitalité de ses quartiers qui lui donnent son caractère distinctif.
On désigne souvent le Plateau Mont-Royal comme étant le plus énergique de ces quartiers et ce, depuis qu’il a entrepris sa revitalisation dans les années 80. Mais le Plateau lui-même se veut un rassemblement d’influences diverses qui ont façonné son histoire, une histoire qui prend ses origines dans ces "villages" qui en forment la base.
Pour illustrer ces voisinages, quoi de mieux qu’un extrait de "La grosse femme d’à côté est enceinte", le célèbre roman de Michel Tremblay : "Mercedes avait rencontré Béatrice dans le tramway qui partait du petit terminus au coin de Mont-Royal et Fullum pour descendre jusqu’à Atwater et Sainte-Catherine, en passant par la rue Saint-Laurent. C’était la plus longue ride en ville et les ménagères du Plateau Mont-Royal en profitaient largement. (...) Tant que le tramway longeait Mont-Royal, elles étaient chez elle, elles faisaient tous les temps (...) Mais quand le tramway tournait dans la rue Saint-Laurent vers le sud, elles se calmaient d’un coup et se renfonçaient dans leurs bancs de paille tressée : elles devaient toutes de l’argent aux Juifs de la rue Saint-Laurent."
Le village de "Coteau Saint-Louis", annexé en 1893, s’est développé autour des carrières et des tanneries. Le village "Saint-Jean-Baptiste" se voulait résidentiel et commercial et se développait autour de l’axe de la rue Rachel. De l’autre côté de l’avenue Mont-Royal commençait le village "Saint-Louis-du-Mile-End" qui lui, se terminait au nord par les petites industries qui longeait la voie ferrée. Le village "De Lorimier" se donnait quant à lui des airs de "banlieue" moderne avec son urbanisme d’avant-garde.
Toutes ces structures municipales font désormais partie de l’Arrondissement Plateau Mont-Royal que certains observateurs et même décideurs politiques se plaisent à baptiser la "République du Plateau", tellement les liens sont tricotés serrés entre ses diverses composantes.
Les familles nombreuses ont déserté le quartier pour être remplacées par de jeunes professionnels instruits et vivant souvent seuls. Ne vous arrêtez pas à cette image BCBG du Plateau. Il y subsiste une large majorité dont les racines anciennes lui feront conserver sa substance originale et les couleurs qui le rendent toujours unique.
Texte : Michel Danis.








