On connaît bien le point commun à tous ceux qui fréquentent le Plateau : c’est cette irrésistible envie d’y flâner. Mais pourquoi ne pas profiter de ce plaisir pour redécouvrir l’architecture qui donne cette ambiance particulière au Plateau et ainsi rendre hommage aux artisans, constructeurs et résidants qui permettent une telle mise en valeur.
C’est au tournant du XXe siècle que prend forme le paysage architectural du Plateau Mont-Royal. En effet, la montée de l’industrialisation, attirant dans son sillon une immigration importante vers Montréal, entraîne une vague de construction marquée par l’émergence d’une architecture typique : l’habitation à logements superposés à deux ou trois étages. Une importante caractéristique de ce modèle est le long escalier extérieur qui donne accès au premier étage.
L’apparition du grand escalier extérieur est en majeure partie due à l’administration municipale qui, vers 1880, se préoccupe du développement du territoire. Ainsi, la Ville de Montréal, en imposant notamment l’alignement des constructions selon une marge de recul d’environ trois mètres de la bordure de la rue, affirme la mode du grand escalier extérieur qui utilise à profit l’espace libre à l’avant du bâtiment et permet ainsi une utilisation plus efficience de l’espace intérieur.
La contrainte imposée par la Ville et le désir de se démarquer de ses voisins donneront naissance à de nombreuses formes d’escaliers sur le Plateau dont la volée droite, le tire-bouchon, le fer à cheval et le colimaçon ne sont que quelques-unes des manifestations. Certains constructeurs ont poussé plus loin ce désir de différenciation en agrémentant leurs escaliers de motifs de fer forgé. Aujourd’hui, certains résidants du Plateau entretiennent cette volonté de distinction soit en conservant fort heureusement les détails de leurs escaliers ou en les rehaussant d’une teinte colorée.








