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Les fameux duplex du Plateau

La plupart d’entre nous en rêvons. Réaliser ce rêve provoque parfois la jalousie, mais certainement la curiosité. Les duplex du Plateau sont devenus des bâtiments fort convoités. Fortunés (dans les sens de chance et de finance) sont ceux qui ont en sont propriétaires.

Les adeptes vous diront à quel point c’est agréable de se balader sur le Plateau Mont-Royal par une belle journée d’été ! L’architecture éclectique est un pur délice pour les amateurs de paysages urbains. Les plus avertis auront sans doute remarqué une caractéristique propre au Plateau : la présence de nombreux duplex premier type de bâtiment mis en oeuvre par de grands promoteurs immobiliers. Jetons un regard sur l’histoire et la composition de ces bâtiments.

Le duplex sans marge de recul

La première série de duplex du Plateau se caractérise par l’absence d’une marge de recul avant ou latérale. La façade du bâtiment se rattache directement au trottoir. Le duplex est de forme rectangulaire et regroupe deux logements superposés. Un escalier intérieur permet d’accéder à l’appartement du niveau supérieur. Autres caractéristiques particulières : toit plat, façade sobre, aucune ornementation complexe et parfois un balcon au-dessus de la porte d’entrée. Certains duplex se démarquent par la présence d’une porte cochère centrale.

Ce modèle de bâtiment se situe dans les lotissements les plus anciens du Plateau Mont-Royal : rue Drolet, rue Pontiac, Courville (sud-ouest de l’arrondissement). Ces résidences sont construites entre 1860, lors du développement du secteur avec l’arrivée du tramway, et 1880, avant que les règlements sur les marges de recul ne soient appliqués. Elles inspireront les variantes de duplex qui apparaîtront dans les années subséquentes.

Le duplex avec marge de recul

Vers 1880, la Ville de Montréal réglemente les constructions résidentielles. L’approbation du plan de lotissement et l’alignement résidentiel, par une marge de recul d’environ trois mètres de la bordure de la rue, deviennent obligatoires. L’application cadastrale se standardise par la création de lots de mêmes dimensions.

Cette nouvelle vague de duplex se définit par l’implantation d’une marge de recul avant d’une longueur de un à deux mètres. La composition du bâtiment se transforme : galerie avant au rez-de-chaussée, parfois à l’étage, escalier droit pour rejoindre l’entrée, surélévation du rez-de-chaussée et toiture en fausse mansarde. Cette habitation est typique du développement résidentiel du Plateau entre 1880 et 1895.

Le duplex avec escalier extérieur

Avec la réglementation municipale, le grand escalier extérieur met l’espace disponible à profit. Ces escaliers permettent de rejoindre les unités de logement à l’étage supérieur.

Ce type de construction débute à une période tardive, en même temps que celle des triplex et des multiplex, vers 1905. Ces bâtiments se retrouvent surtout à l’est et au nord du Plateau Mont-Royal. La principale variation se situe au regard du traitement des façades : corniche moulurée ou parapet avec ou sans fronton. Des duplex peuvent faire l’objet d’un changement de matériaux de revêtement entre le rez-de-chaussée et l’étage.

Contempler deux variantes de duplex édifiées l’une à côté de l’autre ou sur un même tronçon de rue est plutôt inhabituel. À cette époque, la construction en série marque l’évolution du territoire. La prochaine fois que vous explorerez les rues du Plateau, regardez bien les duplex !

>Pour plus de détails sur la composition des duplex du Plateau Mont-Royal, vous pouvez consulter l’adresse suivante : http://www2.ville.montreal.qc.ca/cm...