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Bien Voir le vin permet de bien le Boire

L’examen visuel. Rouge ou blanc ou rosé. Voilà ! C’est pas trop difficile à saisir. Dans le monde vinicole, on ne fait jamais simple, comme diraient nos amis du Lac. Nous allons donc nuancer fortement la première phase de la dégustation en la subdivisant en six compartiments : la teinte, l’intensité, la brillance, la limpidité, le reflet et la densité.

La teinte Il s’agit tout simplement de la couleur de la robe. Pour le vin blanc on parlera d’une teinte vert, citron, paille, doré, jonquille, or, vieil or, ambré, cuivré ou caramel. La liste n’étant pas exhaustive, il ne faut pas vous gêner pour y ajouter votre propre perception qui, par exemple, pourrait se nommer simplement pipi. Je blague, bien sûr, mais votre vocabulaire vaut bien celui d’un sommelier expérimenté en autant qu’il exprime plus justement VOTRE perception de la couleur du liquide dans votre verre.

Pour les vins rosés, l’Amicale des sommeliers nous suggère violet, framboise, roux, abricot, saumon, pelure d’oignon et oeil-de-perdrix ( !!!). Dans votre liberté de vocabulaire, je vous suggère néanmoins de proscrire les mots nanane et bonbon. Dans les vins rouges, les teintes pourraient se nommer rubis, grenat, vermeil, pourpre, cerise, groseille, brique, violet, brun ( !!!) ou noir. J’admets volontiers n’avoir jamais ingurgité un vin qualifié de brun mais je compte bien en glisser un mot à Guillaume au prochain cours. Pour la poésie personnelle, que diriez-vous de . . . feuille d’automne ?

L’intensité Tout simplement la variation dans la teinte. Elle peut varier d’incolore ou très pâle à sombre ou opaque, en passant par léger, franc, soutenu ou . . . très intense !

La brillance La faculté du vin à réfléchir la lumière. Les blancs et rosés le sont presque toujours alors que l’intensité colorante des rouges restreint cette faculté. Le vocabulaire nous propose cristallin, lumineux, très brillant, chatoyant, brillant, peu brillant, terne et mat. Chez les blancs et rosés, un manque de brillance indique souvent un défaut, alors que pour le rouge, ça ne constituer pas un mauvais signe.

La limpidité La très grande majorité des vins sont limpides (99%), en ce sens qu’ils laissent passer la lumière. Il y aura problème quand le vin sera trouble (dépôt), voilé ou laiteux. Certains vins âgés, charpentés ou des Portos vintages peuvent présenter un dépôt important mais, dans ces cas précis, ça n’est nullement un défaut, bien au contraire. Suffit alors de décanter ou verser délicatement en carafe.

Le reflet Pour un vin blanc, en penchant votre verre sur le côté, on peut remarquer un espèce de "bourrelet" tout autour de la surface du vin. La lumière y passe plus ou moins dans une teinte qui varie du verdâtre au cuivré qui déterminera l’âge du vin. Dans le rouge, on parle plutôt de frange variant du pourpre chez les vins jeunes, à l’orangé ou tuilé pour les vins plus âgés. J’ai détecté le fameux bourrelet sur un seul des quatre vins d’Alsace dégustés lors du premier cours. Faut avoir l’oeil !

La densité Vous agiter votre verre, puis vous le laissez reposer. Vous remarquerez un filet liquide qui demeure sur la paroi du verre et qui forme les "larmes" ou les "jambes" du vin. Plus elles sont importantes, plus votre vin sera alcoolisé. Qualificatifs proposés : aqueux, fluide, dense, huileux ou épais.

Texte : Michel Danis.