Je te donne, tu me donnes...

Mais si ! Je suis allé faire la lignée, très tôt le matin, devant la succursale Beaubien pour obtenir ce numéro 34 qui me donnait accès à l’arrivage des Grands Vins de Toscane. J’ai obtenu ce fameux Tignanello 2001 qui me faisait saliver, j’ai exagéré en m’offrant également un Sassicaia de la même année et j’ai complété avec un Do Ut Des 2002 qui allait faire l’objet de cette première dégustation avec les collègues du bureau.

Do Ut Des, une expression latine qui signifie "Je te donne, tu me donnes", que nous pourrions actualiser par "donnant donnant ". Produit par la maison Fattoria Carpineta Fontalpino, on le dit sur la voie ascendante dans cette région aux merveilleuses cuvées. Qui plus est, dans ce pays où pullulent les machos, c’est une femme qui est aux commande : Gioia Cresti, the flying winemaker disent les experts.

À $49 la bouteille, ce n’est pas donné, me direz-vous et je vous l’accorde. Pourtant, les connaisseurs prétendent que, compte tenu de la qualité, tout en faisant sourciller, ce prix reste dans la limite du raisonnable. Et puis, je l’avoue ouvertement, je voulais faire flipper mes collègues.

Vendredi en aprem donc. Bien humblement, j’ai animé la chose en me limitant à transmettre les quelques notions de base du cours d’initiation de l’Amicale des Sommeliers. Michel, Sylvie, Nicolas et Anissa autour de la table. Examen visuel, olfactif et gustatif dans l’ordre.

Une vlimeuse (que je refuse d’identifier) était préalablement allé fouiner sur le web pour y quérir des notes de dégustation sur la cuvée 2002 du Do Ut Des. Bonne joueuse, elle n’en a pas fait un usage malsain.

Robe intense et profonde. Collectivement, nous avons convergé vers cette gradation. Mais n’ayant pas de comparaison à faire, l’exercice n’était pas évident pour les néophytes que nous sommes.

Nez avec des notes de cerises, de prune et de vanille. Je me suis essayé en croyant détecter un parfum de raisin. Plus sérieusement, Anissa fut la seule à identifier la prune. Mais tous ont noté que les arômes s’amplifiaient avec le temps. Bonne discussion sur la subtilité de l’odorat et les difficultés d’identifier un parfum mêlé à d’autres.

Bouche puissante, acidité fraîche et très gustative. Nous étions un peu perplexes, ne sachant trop comment qualifier ni l’attaque, ni la persistance. Par contre, la fin de bouche nous a impressionnés.

Puis, la révélation et l’unanimité ! C’est en attaquant deux fromages québécois que le Do Ut Des s’est révélé à nos palais. Le Baluchon, lait cru de Ste-Anne-de-la-Pérade, et le Pied-de-Vent des Iles-de-la-Madeleine, ont amplifié les saveurs du vin. Tous et toutes ont admis cette vérité et le changement était spectaculaire.

Tout ça avant d’aborder le weekend . . .

Texte : Michel Danis