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Magasiner dans son quartier pour Noël : un choix sensé, écolo et humain

À l’approche du temps des fêtes, plusieurs d’entre nous seraient tentés de se rabattre sur les centres d’achats et grandes surfaces de Montréal et d’y dépenser des centaines de dollars en cadeaux. Mais posons-nous cette question : cela profiterait-il vraiment à chacun et à l’ensemble de nous ? Pas si sûr.

Magasiner dans son quartier : un choix écolo

Cela va de soi : les centres d’achats et grandes surfaces, hormis ceux du centre-ville, sont difficilement accessibles autrement qu’en automobile, ce qui n’est généralement pas le cas des commerces de proximité, lesquels sont parfaitement accessibles car ils sont intégrés à l’ensemble des autres activités urbaines telles que les lieux de résidence, les lieux de travail, etc. De plus, il est désormais prouvé qu’aller acheter à pied des produits étrangers dans des commerces de proximité est clairement plus écologique que de prendre sa voiture pour rejoindre un centre d’achat à des kilomètres dans le but de s’y procurer des produits locaux.

En outre, les centres d’achats et grandes surfaces accaparent une énorme quantité d’espace. La prolifération de tels monstres commerciaux a pour effet de participer d’un étalement urbain et ainsi de multiplier les distances à parcourir entre les lieux d’origine et de destination de nos déplacements. Or, plus une ville est étalée, plus le besoin de posséder une automobile est indispensable, moins les transports collectifs sont efficaces et attrayants et, disons-le, les deniers que l’on pourrait notamment investir dans nos soins de santé et l’éducation doivent plutôt être orientés vers de l’asphalte et du béton.

Enfin, encourager les commerces de son quartier, c’est participer à leur préservation, et ainsi favoriser le maintien d’une offre de biens et services nombreux et diversifiés à deux pas de chez soi. Cela constitue le meilleur des cadeaux de Noël à faire aux moins nantis et, ce sont souvent les mêmes, aux moins mobiles d’entre nous. En effet, plus les commerces sont situés à proximité des gens, moins ils impliquent le besoin de se déplacer. Et, moins de déplacements, c’est moins de pollution, plus d’argent dans nos poches, moins d’accidents, plus de santé. Qu’on se le dise, cela constitue une richesse qui fait l’envie des villes érigées sur le mode handicapant du tout-à-l’auto.

Magasiner dans son quartier : un choix humain

Dans un autre ordre d’idées, magasiner dans son quartier augmente les chances de rencontrer des personnes connues de son entourage, contrairement aux grandes surfaces et centres d’achats où fourmillent des milliers d’individus anonymes. Que ce soient des amis, des voisins, ou bien le commerçant du coin. De plus, c’est sur les artères commerciales de quartier, où au centre-ville et le Vieux-Montréal qu’ont lieu les rassemblements (défilés du Père Noël, marches aux flambeaux, foires commerciales, festivals, manifestations, etc.) qui ponctuent de manière significative notre quotidien d’être collectif. En autant que ces « places publiques » soient préservées, et pour cela, qu’elles soient fréquentées.

Enfin, comme dirait Jacobs, plus de personnes sur nos artères commerciales, c’est aussi plus de paires d’yeux à toute heure de la journée, et, par extension, davantage de surveillance et de sécurité. Honnêtement, est-ce plutôt cela que nous nous souhaitons dans nos milieux de vie… ou bien d’immenses parcs de stationnement arides et froids durant une bonne partie de la journée ?

Magasiner dans son quartier : un choix sensé

On pourra toujours objecter que nos artères commerciales n’offrent pas toujours tout, étant donné la contrainte spatiale qu’elles posent (pensons ici aux matériaux de construction, aux automobiles, aux meubles, bref, à tout ce qui nécessite une grande quantité d’espace d’étalage). Et on pourrait insinuer faussement que le stationnement y est plus cher, faisant abstraction des kilomètres d’essence à payer pour atteindre les stationnements des grandes surfaces et centres d’achats.

Il reste qu’à Noël, nos artères de commerces de proximité offrent suffisamment de biens, de services et tellement d’autres avantages qui nous poussent à se demander : et si je magasinais dans mon quartier ?

Bon magasinage à tous !

Texte : Charles-Olivier Mercier ; Photo : Jean-François Leblanc.